21 Mai Improbable et indispensable
Un festival gratuit, avec des groupes qui jouent pour le plaisir, porté par une équipe de bénévoles : voici un petit festival qui monte, qui monte… Loin des machines commerciales, le Festival Improbable, à l’esprit proche des Vieilles Charrues des débuts, se tiendra les 7 et 8 juin à La Gaude.
Il y a quelques années, une voisine du bar-restaurant des Marronniers, amie de nombreux habitants du village de La Gaude, tombe malade. Elle propose à Philippe Biclot, percussionniste à l’Opéra de Nice et batteur rock, de créer une chorale : Les Gaudasses. Ne se sentant pas capable d’en prendre la direction, il fait appel à un chef de chœur, auquel succédera Philippe Ros, toujours en poste aujourd’hui. « Elle aimait la musique. La chorale lui a permis d’être entourée, de rassembler tout le monde. Le chant l’a aidée à traverser les épreuves de la fin de sa vie« , raconte Philippe Biclot, qui décide alors de lancer un festival pour y produire la chorale et quelques amis musiciens : l’improbable Festival Improbable était né ! « Michèle nous a quittés avant la 3e édition. Elle avait 51 ans. On l’a accompagnée, et on continue. (…) Ce festival, plus improbable que jamais, résonne pour elle. »
Le festival est passé de 4 groupes, lors de sa création en 2016, à 23 formations aujourd’hui, soit plus de 200 musiciens sur scène, le tout organisé par une équipe d’une trentaine de bénévoles. Deux jours de musique quasi non-stop, sur deux scènes (le Jardin de la Coupole et le Pigeonnier), pour un festival qui reçoit chaque année le soutien actif de la mairie de La Gaude et de son maire, Bruno Bettati. Énergie positive, convivialité et musique : le cocktail de la réussite !
Deux jours de musique non-stop
Pour le premier jour du festival, de 12h à 23h30, se succéderont au Jardin de la Coupole : L’Harmonie des Baous — tantôt big band jazz, tantôt groupe de rock symphonique, tantôt orchestre de cérémonie — fidèle au Festival Improbable depuis la 2e édition ; Pink is Dead, trio aux influences grunge ; Gees, quartet aux accents jazz ; What a Zoï, combo festif aux textes très second degré. Plus sombre, le trio de metal progressif Pressure précédera en soirée les fameux Préparation H, dont cette formule en dit long sur leur univers artistique : « Son père, c’est Motörhead ; sa mère, c’est Annie Cordy. »
Sur la scène du Pigeonnier, les groupes Toxic et Square Roots, adeptes de pop rock en reprises (The Rolling Stones, Amy Winehouse, Coldplay, Santana, U2), chaufferont la place avant l’arrivée du chanteur, compositeur et guitariste britannique de rock indie Matt Anderson. À 18h30, événement avec la venue de BIJ, artiste hip-hop soul funk, créateur du groupe Soul Syndicat. Une valeur sûre, fort de 30 ans de carrière, et auteur d’un nouvel EP, L’Encre de l’espoir, disponible sur les plateformes. Rappeur et danseur, cet artiste complet a partagé la scène avec MC Solaar, Tonton David, IAM, Alliance Ethnik… En soirée, Call Me Winston fera revivre les meilleurs moments des bandes originales des films de Quentin Tarantino, avant qu’une claque grunge ne soit administrée par le trio Ruby Noir.
La deuxième journée verra défiler, sur la scène de la Coupole : le Big Band So’Jazz et ses 19 musiciens ; Al’Gecko, groupe mêlant reggae, rock et musiques du monde ; le Brass Band Méditerranée, exclusivement composé de cuivres et de percussions, dirigé par Olivier Mauny. En soirée, deux tribute bands pour une bonne dose de décibels : Dezinvolt (Noir Désir) et The Silent Men (Dream Theater).
La scène du Pigeonnier ouvrira quant à elle dès 12h30 en dénouant Les Cravates Anonymes, qui aligneront des reprises pop-rock françaises et internationales. Avec deux albums à leur actif et des influences affirmées — HF Thiéfaine, Rita Mitsouko, La Mano Negra, The Clash ou encore The Undertones —, Champollion prendra le relais, puis Dead Fly, et son indie pop teintée d’électro, nous rappellera le temps béni des « corbeaux ». En fin d’après-midi, la « légèreté » fera son retour avec Les Gaudasses, la chorale à l’origine du festival, et le chœur de L’Écho de la Gravette, basé à Antibes. En soirée, on mettra le cap sur les profondeurs du rock, bien guidé par Ambre, qui mêle trip-hop et métal, pour une musique à mi-chemin entre Fauve et No One Is Innocent, et une clôture en compagnie d’un artiste originaire de Belfort qui porte bien son nom : OvniS. Dans ce projet musical et visuel audacieux, le batteur-chanteur Jérôme Heinige partage la scène avec… un extra-terrestre virtuel, qui l’accompagne sur grand écran avec son synthé et ses percussions ! Un show explosif, mêlant rock, métal et électro, qui n’est pas sans rappeler un certain groupe nommé Shaka Ponk.
7 & 8 juin, Jardins de la Coupole, La Gaude. Rens: FB Festival Improbable
photo : Festival Improbable, édition 2024 © DR