26 Juin Botox(s) prend de la hauteur
Du 4 au 6 juillet 2025, le festival Les Visiteurs du Soir propose son 3e parcours d’art contemporain de l’année. Et, en cette période estivale, direction les Alpes du Sud où l’équipe de Botox(s) a concocté un programme sillonnant les musées de Digne-les-Bains, Gap et Embrun.
Visites guidées, performances, ateliers, rencontres… alimenteront ce weekend entièrement gratuit, qui débutera le 4 juillet, avec les vernissages des deux expositions présentées à Digne-les-Bains, suivis d’un buffet dans les jardins Saint-Benoît.
Le lendemain, un bus spécialement affrété pour le festival permettra de profiter des différentes expositions dans les meilleures conditions. Pas de voiture, pas d’emm*** ! On suit le guide ?
Le Sol de Gassendi
À Digne-les-Bains, Veit Stratmann installe ses dalles colorées dans la salle des sciences du Musée Gassendi, dans l’idée de créer un décalage formel s’alignant selon un axe nord-sud, qui souligne ironiquement le « manque de rigueur et de logique » associé aux lieux de savoir. Aucun mode d’emploi n’est fourni : le visiteur élabore son propre protocole de lecture en arpentant la surface. Cette interaction collective interroge : qui fait œuvre ? L’artiste, sa création, ou bien les visiteurs ? Une situation qui nous rappelle que le savant humaniste, Pierre Gassendi, prônait une relation sensible au monde.
Faisant suite à deux premiers volets, lors des dernières éditions des Visiteurs du Soir, à Cannes cet hiver puis à Nice au printemps, notez que c’est ici, à Digne, que l’artiste Jeanne Moynot, lauréate de l’appel à projets lancé par le réseau Botox(s) en 2024, continuera de déployer ses récits d’anticipation autour des enjeux climatiques contemporains avec la performance La vérité et les enfants.
Un Pas dans l’eau
Toujours à Digne, l’exposition Un Pas dans l’eau présente un ensemble d’œuvres – sculptures, dessins, photographies, vidéos – autour de la notion de déplacement. De la Sainte-Victoire au Tibet, de l’intérieur à l’extérieur, les œuvres habitables et habitées jalonnent le parcours de Fabien Lerat, pour qui les architectures humaines, géologiques et animales se répondent.
L’artiste invite ici à expérimenter ses œuvres comme des instruments de réflexion et de perception, à la manière de structures pénétrables et de jeux de miroirs. Pour lui, l’architecture représente « les distances qui existent, dans une mobilité permanente, entre les uns et les autres« . Elle brouille les frontières entre idéologies modernistes et formes du vivant, entre montagnes et eau, entre envers et contexte.
Le peuple des pyjamas au pays des coquillettes
Derrière ce titre rigolo se cache une réalité qui l’est beaucoup moins… Benoît Piéron, voyageur immobile, a passé une grande partie de sa vie dans les lits d’hôpitaux. De cette expérience, il tire des œuvres délicates, aux couleurs pastel, peuplées de boules à neige-médicaments, de porte-seringues disco et de veilleuses gyrophares. Alors que les institutions artistiques prennent conscience de leurs manquements en matière d’accessibilité et d’inclusion, l’artiste a été largement invité à exposer en France, en Europe et au-delà. Mais cette visibilité et ces voyages ont parfois nui à sa santé, l’amenant à entamer une nouvelle phase de son travail, centrée sur la transmission et les échanges collectifs.
Dans cette démarche, il choisit de partager l’espace du centre d’art Les Capucins à Embrun, avec cinq autres artistes : Marion Lebbe, Marguerite Maréchal, Milana Gabriel, Arthur Ménard-Salis et Adrien Fregosi. Bien que traitant de thèmes poignants, leurs pratiques partagent une esthétique pop, ludique et quotidienne, marquée par une conscience de la fragilité… et une irrévérence délicatement subversive.
Une double exposition pour finir !
Avec Mélange de genres et un nouvel accrochage, le Musée muséum départemental des Hautes-Alpes expose actuellement ses collections de peinture sur 220 m², mettant en valeur aussi bien les genres dits « majeurs » que « mineurs » : peinture d’histoire, portrait, scène de genre, paysage, nature morte. Une sélection inédite de 100 œuvres, dont certaines rarement exposées, illustre les évolutions artistiques et sociétales à travers les siècles.
Quant à l’exposition He Yifu. D’encres, d’eau et de montagne. Entrée d’un peintre chinois dans les collections du musée, elle rassemble 41 encres sur papier de riz de l’artiste chinois He Yifu. Ces œuvres enrichissent la collection alpine du musée et abordent trois grands thèmes : sommets englacés, alpages, villages et cités perchées. Cette exposition dialogue avec Mélange de genres et la salle des paysages, retraçant l’évolution culturelle des Alpes, du sublime au pittoresque, grâce à une scénographie signée Claudine Bertomeu.
4 au 6 juil, Musée Gassendi & CAIRN (Digne-les-Bains), Musée départemental des Hautes-Alpes (Gap), Centre d’art contemporain Les Capucins (Embrun). Rens: botoxs.fr
photo: Musée muséum départemental des Hautes-Alpes – Gap / He Yifu, Mont-Dauphin, entre 2006 et 2008, encre de Chine sur papier de riz, Collections du Musée muséum départemental, don de Chen Liping