L’Espace de l’Art Concret voit triple

L’Espace de l’Art Concret voit triple

Tout l’été, l’Espace d’Art Concret (EAC) célèbre son fondateur, Gottfried Honegger, et expose une vision de la collection que l’artiste a constituée avec sa compagne Sybil Albers. Un propos complété par deux autres expositions qui font appel à notre perception sensorielle. Tout ceci dans le cadre somptueux du Château de Mouans-Sartoux. Un incontournable de l’été. 

L’exposition Du singulier au pluriel revient sur la pensée de Gottfried Honegger, artiste engagé pour un art accessible, universel et porteur de sens. À travers une œuvre géométrique, monochrome et rigoureuse, cet ancien graphiste, qui conçoit l’art comme un vecteur social et pédagogique, rejette toute subjectivité au profit d’un langage clair et collectif. Il défend l’idéal de l’art concret en lien avec les avancées scientifiques. En créant l’Espace de l’Art Concret en 1990, il ouvrait le dialogue avec d’autres artistes partageant cette quête : Max Bill, Aurélie Nemours, Jan Schoonhoven… Une œuvre pensée comme un outil de transmission. Cette exposition réunit des œuvres de Max Bill, Marcelle Kahn, Ad Dekkkers, Richard Paul Lohse, Aurélie Nemours, Jan J.Schoonhoven pour une célébration de l’art en forme d’ouverture au monde et à la connaissance.

Avec l’exposition Sillage, Mustapha Azeroual explore quant à lui la lumière dans sa forme la plus pure. Dans le cadre d’une résidence au Centre de la photographie à Mougins, en relation avec l’identité de ce territoire, l’artiste s’est emparé de la lumière du Sud à partir de procédés scientifiques et sensoriels. Ses œuvres, proches de la peinture, plongent le spectateur dans un univers abstrait où la lumière devient matière, son, sensation tactile, parfum — lorsque l’artiste l’ajuste à la chaleur en collaboration avec le parfumeur de Grasse, Fabrice Pellegrin. À travers des installations immersives, il interroge la perception et défie les limites de la photographie. Loin de toute représentation, sa démarche renoue avec l’abstraction poétique de Sonia Delaunay ou Mark Rothko, pour révéler l’émotion à l’état brut, dans un halo entre science et magie.

L’exposition 364 saisons à l’Espace de l’Art Concret est le fruit d’un dialogue entre le duo Lamarche-Ovize et le Chef cuisinier Mauro Colagreco. Inspirée par le jardin et la tapisserie de Lurçat, l’œuvre mêle peinture, céramique, senteurs et artisanat. Créée en résidence au restaurant trois étoiles le Mirazur, elle célèbre les cycles naturels et la fusion des sens. Feuillages, oyas, constellations et animaux forment un univers luxuriant, où chaque œuvre évoque un carnet de jardinier ou de cuisinier. La couleur y jaillit, le parfum affleure, les céramiques suspendent le temps. Une immersion sensorielle où art et vie ne font plus qu’un.

Gottfried Honegger, Du singulier au pluriel, jusqu’au 22 fév • Mustapha Azeroual, Sillage, jusqu’au 31 août • Lamarche & Ovize, 364 saisons, jusqu’au 2 nov. Espace de l’Art Concret, Mouans-Sartoux. Rens: espacedelartconcret.fr

photo : Vue de l’exposition Gottfried Honegger • Du singulier au pluriel à l’eac. du 29 mars 2025 au 22 février 2026 © crédit photo eac.