26 Juin Vivre de Peu et d’eau fraîche
Voici la 23e édition du Festival du Peu, désormais sous le commissariat de Christine Parasote ! Né à Bonson, l’événement mêlant un parcours d’exposition et à des rendez-vous festifs, se déroule depuis trois ans au Broc et, dans le sillage de l’UNOC qui s’est tenu à Nice début juin, axe cette édition autour de la thématique suivante : Ici commence la mer.
Christine Parasote — par ailleurs, émérite rédactrice dans nos colonnes — assure pour la première fois le commissariat de l’exposition, véritable colonne vertébrale de ce festival. Son concept repose sur les sonorités du mot « peu » — le « pe » de nos premières leçons de lecture, mais aussi le « peu » au sens de « presque rien », de minimalisme ou de modestes moyens. Une idée que l’on doit à l’artiste Jean Mas, et qui fut développée par l’ancien maire de Bonson, Jean-Marie Audoli.
Christine Parasote, l’un des piliers historiques de l’événement, a cette année imaginé une exposition évoquant l’eau de manière poétique — un joli clin d’œil pour ce village perché, pourtant pleinement concerné par les regards tournés vers la mer avec l’UNOC. « Le Broc, proche de la Méditerranée, est marqué par son relief et la confluence du Var et de l’Estéron. C’est là que la mer commence, en réalité« , indique-t-elle. « Son eau douce, issue des pluies et de la fonte des neiges, maintient des écosystèmes précieux et façonne les paysages. Symbole de vie, l’eau est à la fois bénéfique et redoutée. Depuis toujours, les humains l’ont gérée pour prévenir pénuries et excès. Les artistes s’en inspirent pour sa puissance et ses symboles. »
Un parcours d’exposition
En 2025, le Peu dédie à la Grande Bleue des œuvres tantôt poétiques, tantôt concrètes, utilisant des médiums variés : dessin, photographie, sculpture, réalité virtuelle, aquarelle, vidéo… Jacky Ananou se distingue par l’usage exclusif du Bic bleu pour ses dessins, capturant avec un hyperréalisme bluffant les effets de la pluie sur les paysages urbains. Marcel Bataillard, surnommé « le Corse le plus Niçois », travaille quant à lui avec divers médiums pour interroger l’histoire, la mémoire et l’identité. Pour le Festival, il déconstruit les clichés liés à la pluie niçoise. Anne Favret et Patrick Manez, en collaboration avec la poétesse Sophie Braganti, explorent des vallons obscurs et mystérieux à travers des photographies en noir et blanc, tandis que Jérémy Griffaud mêle aquarelles et réalité virtuelle pour plonger le spectateur dans un univers végétal peuplé d’êtres hybrides, et que Donia Ouassit crée des formes vaporeuses à partir de matériaux simples, comme des cotons-tiges. Thibault Rivet explore, pour sa part l’énergie du vivant à travers collages et vidéos, alors que Simone Simon le capture avec une approche sociale et contemplative, présentant une vidéo poétique tournée au Salin de Giraud.
Plus politiques, Héléna Krajewicz et Rob Rowlands dénoncent l’exploitation du gaz de schiste et ses conséquences sur les nappes phréatiques, Pascal Papalia alerte sur la pollution de l’eau avec ses tortues scellées aux grilles d’eaux pluviales, et Wokic, jeune dessinateur de 15 ans, propose un triptyque acrylique dénonçant la pêche industrielle.
Le parcours d’exposition, au cœur du village, est accessible tous les vendredis, samedis et dimanches, de 17h30 à 20h30. Et une visite commentée gratuite est proposée chaque samedi à 18h.
Une programmation festive
Le vernissage se tiendra vendredi 4 juillet, Place de la Ferrage, en présence des artistes, et sera suivi d’une lecture-performance d’Agnès Laurenti. La soirée continuera avec Afroman Radio Sound System pour une fête funky… et plus si affinités.
La semaine suivante, Le Peu accueillera également une fresque de Faben. Et tandis que le public sera invité à partager un pique-nique, une projection du film d’animation Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau conclura la soirée.
Enfin, le 18 juillet, la Cie Les Cubiténistes proposera un concert hydrophonique (et hydrocomique) : Libérez l’eau. Un bain sonore ludique et inédit, où toutes les mélodies jouées seront produites, en direct, grâce à de l’eau !
4 au 27 juil, lieux divers, Le Broc. Rens: festivaldupeu.org
photo: Festival du Peu 2025 Ici commence la mer © DR