La couleur comme manifeste

La couleur comme manifeste

Après un premier volet, présenté cette année, l’exposition Léger, peintre de la couleur. Nouveau parcours des collections dévoile un 2e volet, à découvrir jusqu’au 25 mai prochain, au Musée national Fernand Léger à Biot.

Depuis les débuts de la peinture, la couleur est l’apanage des artistes. Fernand Léger (1881-1955) en a d’ailleurs fait le cœur de sa création, la matière et la lumière essentielles à son esthétique. Tout au long de sa carrière, il a exploré la couleur pure par d’infinies variations sur divers supports : dessins, céramiques, vitraux, décors de spectacle ou d’architecture.

Après une jeunesse influencée par l’impressionnisme, Fernand Léger rejoint le cubisme dans les années 1910, mais s’éloigne de Georges Braque et Pablo Picasso en introduisant des teintes vives dans un mouvement jusque-là dominé par le gris. Proche de Robert Delaunay, il œuvre à libérer forme et couleur de l’imitation du réel : « Avant nous le vert, c’était un arbre, le bleu c’était le ciel, etc. Après nous, la couleur est devenue un objet en soi« , souligne-t-il.

Pour Léger, la couleur est nécessité vitale, presque thérapeutique, nourrie par la ville qu’il veut illuminer. À partir des années 1930, il développe un art mural destiné à l’espace public et espère ré-enchanter le monde moderne grâce à des compositions monumentales. « Mon besoin de couleurs s’est trouvé tout de suite appuyé par la rue, par la ville. C’était en moi, ce besoin de couleurs. Il n’y avait rien à faire : aussitôt que je pouvais placer une couleur, je la plaçais. J’ai séjourné dans la grisaille le moins possible. » Sa couleur, loin du concept, se veut donc une fête pour l’œil, porteuse de joie, de bonheur et d’optimisme.

Cette exposition préfigure un temps fort attendu durant l’été 2026, avec une exposition consacrée au ballet La Création du monde, pour lequel Léger réalisa décors et costumes en 1923. Œuvre audacieuse mêlant le livret de Blaise Cendrars, la musique de Darius Milhaud et la chorégraphie de Jean Börlin, elle témoigne de la capacité de Léger à faire dialoguer peinture, mouvement et esprit jazz, dans un imaginaire nourri de mythologie africaine.

Jusqu’au 25 mai 2026, Musée national Fernand Léger, Biot. Rens : musee-fernandleger.fr 

photo : Fernand Léger (d’après), La Grande Parade couleurs en dehors, 1990, tapisserie de Gisèle Brivet, 403 x 530 cm. Biot, Musée national Fernand Léger Photo © Grand PalaisRmn / Gérard Blot © Adagp, Paris, 2025