11 Déc La Station expose ses forces vives
La Station, artist-run-space qui propose des résidences temporaires et rassemble des résidents permanents, est un incubateur de talents participant à un réseau qui fait rayonner la région. En décembre, il accueille le 4e volet de Support Station, une exposition collective de ses résidents, ainsi qu’un rendu de résidence de l’artiste japonaise Sayo Senoo tout à fait détonnant.
Pour la 4e année consécutive, Support Station présente les travaux des artistes résident.es de La Station et de leurs invité.es dans un dispositif scénique conçu spécialement pour l’événement. Parmi eux : Tom Barbagli, Suska Bastian, Arnaud Biais, Jules Boillot, Camille Franch-Guerra, Lucille Jallot, Jeanne Leclercq, Donia Ouassit, Eleonora Paciullo, Phane Tribot la Spière, Philippe Paradis & Johan Christ-Bertrand, David Raffini, Omar Rodriguez-Sanmartin, Sayo Senoo, Clémentine Taupin, Cédric Teisseire, Agathe Wiesner et Anne-Laure Wullai. Les œuvres seront proposées à la vente afin de soutenir financièrement l’association Starter, à l’origine du projet de La Station. Les recettes générées constitueront des ressources indispensables au bon fonctionnement de l’artist-run space.
De quoi poursuivre l’accueil d’artistes comme Sayo Senoo, qui conclut sa résidence en présentant un corpus d’œuvre sous l’intitulé The Shameful Chrysanthemum II. Formée à la peinture à Tokyo, puis contrainte de l’abandonner après une longue convalescence des suites d’un cancer, cette artiste japonaise, aujourd’hui installée en France, s’est tournée vers l’image photographique comme nouveau langage. « Dans ces œuvres, réalisées à partir d’expérimentations d’imprimante et de scanner, deux images se superposent sous différentes formes : l’une représente une partie de la poitrine d’un dirigeant japonais du XIXe au XXe siècle, l’autre un gros plan d’anus« , détaille l’artiste. Car à l’époque, les dirigeants japonais, qui ont accompagné l’importation du colonialisme occidental en menant des invasions en Asie, aimaient se parer de décorations impériales inspirées de Napoléon et dérivées du chrysanthème, symbole à la fois du pouvoir et métaphore argotique de l’anus dans certaines communautés nippones. « En superposant ces deux images, j’interroge quel chrysanthème est le plus honteux : ces badges ou cette partie de notre corps ?«
Support Station, 5 déc au 24 jan • The Shameful Chrysanthemum II, 5 au 31 déc. La Station – Le 109, Nice. Rens : lastation.org
photo : Vue de l’exposition Support Station 2024 – © Photo Eleonora Paciullo