Un irrévérencieux début d’année !

Un irrévérencieux début d’année !

En janvier, Théâtres en Dracénie prend un malin plaisir à perturber la morosité hivernale avec un temps fort aussi réjouissant qu’impertinent, rassemblant cinq spectacles du 13 au 31 janvier : Le mois de la farce et de la dérision.

On y croisera d’abord le bien nommé La Force de la farce, délire rétrofuturiste en mode seventies, acclamé à Avignon, où François Herpeux interprète un humoriste raté qui tente de sauver l’humanité par le rire. Comment compte-t-il s’y prendre ? En transmettant aux extraterrestres le sens de l’humour et l’art de la vanne pour faire perdurer notre civilisation. Et pour cela, il est accompagné d’une « intelligence artificielle », un robot dénommé Mich-L, auprès de qui il teste ses blagues en bois !

Succédera On vous raconte des histoires, de et avec Agnès Larroque et Laure Seguette, conférence débridée qui dynamite les contes pour enfants à coups de théâtre d’objets et de magie. 

Puis place à l’esprit et à la finesse langagière de Beaumarchais avec La Folle journée ou le Mariage de Figaro, dans une mise en scène de Léna Bréban réunissant un casting de haute volée dont Philippe Torreton, avant de glisser vers un humour noir très assumé dans La Mort grandiose des marionnettes, requiem loufoque pour marionnettes en bois imaginé par la troupe canadienne The Old Trout Puppet Workshop. Un programme qui ne recule devant rien, et c’est ce qui en fait tout le sel !

La folie douce de Thomas Poitevin

Mais mon coup de cœur, le joyau un peu punk et profondément humain de cet impertinent Mois de la farce et de la dérision, est Thomas Poitevin, attendu le 16 janvier. Le comédien satirique, devenu phénomène sur Instagram durant le confinement grâce à toute une galerie de personnages portant perruques et imperméables au ridicule, revient après un premier passage à Draguignan en 2022 avec En modelage.

Poitevin n’est pas de ceux qui moquent gratuitement : il observe, écoute, capte les microfissures du quotidien pour en tirer des personnages « doux, durs, drôles, tristes, fous, folles« , tous un peu en vrac, un peu trop lucides… un peu trop nous-mêmes en fait. Et ça, c’est réellement jouissif ! Ce nouveau spectacle s’attache à ces figures ordinaires encombrées de questions existentielles : Peut-on regretter secrètement Jacques Chirac et pratiquer le parler inclusif ? Baby-shark est-il aujourd’hui un ado HPI (si tu n’es parent, tu ne peux pas comprendre !) ? Et pourquoi, au juste, croit-on qu’une banane en bandoulière puisse nous rendre « cool » ? Des interrogations qui brossent le portrait du monde actuel et de ses contradictions, pour finalement converger vers LA grosse question : comment peut-on réussir à vivre ensemble ?

Notre homme était intervenu quelques minutes lors de la présentation de saison de Théâtres en Dracénie, et il avait fait un carton auprès du public présent. Avec son humour fin et désopilant, il mériterait d’avantage que certains humoristes – dont je tairai le nom – d’être mis en avant ! Notez qu’il sera également sur la scène de l’Espace des Arts au Pradet, le 15 janvier, et au Théâtre de la Cité à Nice, le 17.

La force de la farce, 13 jan • Thomas Poitevin, 16 jan • On vous raconte des histoires, 18 jan • La Folle journée ou le Mariage de Figaro, 23 jan • La Mort grandiose des marionnettes, 30-31 jan. Théâtre de l’Esplanade, Draguignan. Rens: theatresendracenie.com

photo : La Force de la farce © Nours

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