25 Fév 40 ans d’Italie sur grand écran
Cela fait quatre décennies que l’Espace Magnan, à Nice, s’est pris de passion pour le 7e Art transalpin. Quarante ans qu’il organise ses Journées du Cinéma Italien, où les projections sont doublées de rencontres et d’échanges avec les publics cinéphiles et italophiles. Rendez-vous pour fêter cela du 14 au 28 mars !
Pour cette nouvelle édition, les choix de programmation furent difficiles tant la production italienne récente est riche. Ont été retenus 17 films, dont 9 inédits en France, mettant à l’honneur les talents émergents avec 6 premiers et deuxièmes films, accompagnés de nombreux rendez-vous.
En cette année d’élection, pour nous français, le festival a choisi de faire un focus Histoire et politique italiennes. Celui-ci se penchera sur l’unification de l’Italie en 1861, avec la comédie dramatique historique L’abbaglio de Roberto Andò, et sur le drame du 4 mars 2005, lors duquel un responsable du renseignement et de la sécurité militaire, Nicola Calipari, est tué par des tirs américains lors du sauvetage de la journaliste Giuliana Sgrena en Irak. Un épisode traumatisant – et polémique – pour le pays, raconté dans Il Nibbio d’Alessandro Tonda, film d’espionnage, à la fois captivant et révoltant, sur les dommages collatéraux en temps de guerre.
Les traditionnels rendez-vous partenaires seront également de la partie : l’Association des Professeurs d’Italien des Alpes-Maritimes et du Var présentera Napoli-New York vde Gabriele Salvatore, tandis La Dante Alighieri de Nice proposera Il mio posto è qui, en présence de la coréalisatrice et auteure Daniela Porto. Le critique Vincent Jourdan interviendra quant à lui autour de Palombella rossa, l’un des meilleurs films de Nanni Moretti, dans sa veine « à la première personne », et de Berlinguer, La Grande ambition, biopic historique d’Andrea Segre.
Parmi les découvertes : trois premiers films inédits en France ! Gioia Mia, émouvante analyse transgénérationnelle, signée Margherita Spampinato, autour d’un jeune garçon et de sa grand-tante, et Ciao Bambino, drame mafieux à la photographie saisissante, présenté en présence du réalisateur Edgardo Pistone et de l’acteur Marco Adamo. Tous deux seront projetés lors de la soirée placée sous le haut patronage du Consulat Général d’Italie à Nice, le 15 mars. Le troisième, Breve Storia d’Amore, est un thriller amoureux haletant explorant les zones d’ombre de la passion, de la jalousie et de la dépendance émotionnelle. Réalisé par Ludovica Rampoldi, il a obtenu le Prix ANEC Pietro Coccia du Meilleur Premier Film aux 48e Journées Professionnelles du Cinéma à Sorrento, en 2025.
Notez que cette 40e édition s’ouvrira avec un autre film inédit en France, La città proibita de Gabriele Mainetti, un ovni cinématographique mêlant kung-fu et histoire d’amour ! Quant à la soirée de clôture, elle sera l’occasion de remettre les prix aux films en compétition officielle : Prix du Public et Prix du Jury Jeune – l’un des objectifs de ces Journées du Cinéma Italien étant la sensibilisation à la langue et à la culture italiennes, l’éducation à l’image et la rencontre avec les œuvres.
Avec 40 ans au compteur, les Journées du Cinéma Italien n’ont pourtant rien d’un rendez-vous nostalgique. Bien au contraire : le festival continue de poser un regard contemporain sur ce pays voisin et ami, entre mémoire, engagement et renouvellement des formes. Un anniversaire qui célèbre également une conviction simple : le cinéma, quand il est partagé, reste l’un des plus beaux lieux de dialogue entre les cultures.
14 au 28 mars, Espace Magnan, Nice. Rens: espacemagnan.com
photo : La Citta Proibita de Gabriele Mainetti © DR