Les sept balades du temps qui passe

Les sept balades du temps qui passe

Stéphan Ramirez s’apprête à enchanter toutes les générations avec Les 7 dernières balades de Mémé Jeanine, une ode tendre, impertinente et généreuse à sa grand-mère, transformant la vie de son aïeule en un récit qui touche à l’universel. 

Le spectacle invite à un voyage délicat, bouleversant et plein d’humour, où « petite » et « grande » histoire se mêlent. Ici, les marionnettes surgissent au fil des récits comme des surprises qui suspendent le temps. Une balade anodine peut soudain prendre des inflexions tragiques ou philosophiques. Du Trophée d’Auguste au Baou de Saint-Jeannet, du cœur de Nice à la rade de Villefranche, « en sept balades, c’est toute une vie qui se déroule et se raconte… Et ça explose comme dans un road-movie, mais au ralenti« , indique Stéphan Ramirez, qui manipule lui-même les marionnettes, mais déclame aussi, ou « porte la parole« , comme il dit. 

Ce spectacle, qui mêle théâtre d’objets, récit et marionnettes, s’inscrit dans les recherches menées par sa Cie La Charrette aux tiroirs, fondée en 2022 et engagée dans les écritures du réel. Les textes de cet auteur, comédien et metteur en scène – qui anime également des ateliers de pratique (section Arts du spectacle) à l’UFR Arts-Lettres de Nice Sophia-Antipolis – ont été primés à plusieurs reprises et certains ont été joués plus de 200 fois. 

Quant au créateur des marionnettes, Ezéquiel Garcia-Romeu, il est lui-même auteur de spectacles et fidèle à une éthique tournée vers l’exploration de formes nouvelles, au croisement des disciplines – en témoigne le Festival d’Objets Rares et de Marionnettes (FORMA), qu’il a créé avec le Théâtre de la Massue en 2025, et dont la 2e édition est attendue à Nice (voir article ci-contre). 

« J’ai commencé à écrire en me demandant ce qu’il restait de ces balades avec ma grand-mère. Je tentais de reconstituer nos petites péripéties« , explique Stéphan Ramirez. « Il était question de vieillir, de notre lien, du lien à ce pays, de rire, d’amour perdu, du temps qui passe et de ce qu’il nous restait encore à vivre. J’avais envie de partager une fable, à la fois tendre et un peu cruelle. Cela se pencherait sur le destin de nos petits vieux. » En résulte, une déclaration d’amour à cette double figure maternelle que sont Mémé Jeanine, née à Nice dans les années 30, et cette baie d’azur au-delà des âges.

10 & 11 avr, Théâtre Francis Gag, Nice. Rens: theatre-francis-gag.org

photo : Les 7 dernières balades de Mémé Jeanine © Gaëlle Simon