Châteauvert, l’utopie bucolique

Châteauvert, l’utopie bucolique

Au cœur d’un Var plus discret et vallonné, loin des clichés de la Riviera, le Centre d’Art Contemporain de Châteauvert s’impose comme une utopie bucolique et une oasis de création. Un site qui accueille, cet été, l’exposition Ciels, terres, mers, feux. Un atlas de métamorphoses, et le traditionnel festival FADA.

Ancré dans un territoire rural et naturel, classé Natura 2000, où l’Argens coule paisiblement le long d’un remarquable jardin de sculptures de dix hectares, le Centre d’Art Contemporain de Châteauvert est un site où la nature dialogue en permanence avec les formes les plus audacieuses de la création contemporaine. C’est au cœur de cette Provence Verte que se dévoilera, dès le 11 juillet, l’exposition Ciels, terres, mers, feux. Un atlas de métamorphoses, dans le cadre de la saison Méditerranée 2026, destinée à mettre en lumière la créativité, la vitalité et la diversité des cultures issues des rives de la Méditerranée. Sous le commissariat de Véronique Collard-Bovy, les artistes Sara Ouhaddou et Younès Rahmoun proposent une traversée poétique de la Grande Bleue, pensée comme une géographie mouvante où se croisent mémoires, croyances et savoir-faire. 

Née dans le Var et nourrie de sa double culture franco-marocaine, Sara Ouhaddou développe depuis plus de 10 ans un travail fondé sur la collaboration avec des artisans, explorant les liens entre patrimoine, artisanat et création contemporaine. Tissages, verreries, céramiques ou broderies deviennent chez elle des territoires d’expérimentation et de transmission. À ses côtés, Younès Rahmoun, figure majeure de la scène artistique marocaine contemporaine, déploie un univers empreint de spiritualité, de contemplation et de pensée soufie. Ses installations, souvent construites autour de la lumière, des nombres et de formes élémentaires, invitent à une expérience méditative où l’intime rejoint l’universel. 

Ensemble, les deux artistes réinventent des gestes anciens pour ouvrir de nouveaux dialogues entre les rives de la Méditerranée. Une exposition à la fois sensorielle et réflexive, où « les ciels deviennent miroirs des imaginaires, les terres des archives vivantes, les eaux matière de circulation et transmission, et les feux énergie première du souffle et de la création. »

Complètement FADA !
En parfaite résonance, le jardin de sculptures s’animera pour la 10e édition du Festival Autour De l’Art (FADA). Lancé à l’occasion du vernissage de l’exposition, ce marathon cinématographique célèbre le métissage des disciplines : de la poésie berbère de Taos Amrouche à la quête solaire de Matisse entre Tanger et Vence, le grand écran deviendra le miroir des formes plastiques. Le spectateur naviguera à vue, bousculé par l’évocation intime des boat people de Bao Vuong, le combat pour la langue innue de Joséphine Bacon ou encore la trajectoire insoumise de la compositrice, chanteuse et chorégraphe Meredith Monk. Ponctué de repas solidaires préparés par le restaurant d’insertion Les Couverts d’Argens, le festival se clôturera sur l’intensité tragique et gitane du danseur de flamenco Farruquito, dans un film de Santi Aguado et Reuben Atlas. Une parenthèse singulière, les pieds dans l’herbe, pour réapprendre à regarder le monde.

Ciels, terres, mers, feux. Un atlas de métamorphoses, 11 juil > 29 nov, Centre d’Art Contemporain de Châteauvert. Rens: museesetcentresdart.caprovenceverte.fr
Festival Autour de l’Art (FADA), 10 > 12 juil, Centre d’Art Contemporain de Châteauvert. Rens: acac83.fr

photo : Sara Ouhaddou, Je de rôles, 2023 © Nicolas Fauqué