Les murs ont des histoires à raconter

Les murs ont des histoires à raconter

Le Festival de création Grimaud Art Urbain est terminé… Mais bonne nouvelle pour les amateurs de street art, l’exposition reste visible jusqu’au 30 septembre. Et le parcours des œuvres de Speedy Graphito, ChrisTèll.T, Nora Simon, Python, Gen_IArt, Alice Jousset, Amok, Pink’, Dawal, Djalouz, Indey, Le D., Steeven Salvat et Lady M., dans les rues du magnifique village de Grimaud, vaut à lui seul le détour.

Durant cette semaine de création, qui s’est déroulée du 18 au 23 mai dernier, le public a pu découvrir les œuvres en cours de réalisation et rencontrer les artistes. Une expérience particulièrement enrichissante puisqu’elle permet de comprendre le sens et les intentions des œuvres. L’événement a pour un temps converti la commune en une exposition à ciel ouvert, offrant à ceux n’ayant pas suivi la phase de création l’occasion d’admirer les œuvres terminées.

Et à la vue des artistes invités, les différences de sujets et de styles sont nombreuses : comme entre le collage de Nora Simon et l’œuvre de Speedy Graphito, par exemple. Les intentions sont distinctes et les messages portés par ces créations n’ont rien de commun. Nora Simon présente ici une œuvre issue de son projet Histoires doubles, dans lequel elle assemble des fragments d’œuvres classiques. Comme elle l’expliquait dans une interview accordée à nos confrères d’Artistik Rezo : il s’agit d’ « interroger l’histoire de l’art, l’accès à la culture, dans un souci de faire surgir du « beau » dans l’espace public. » De son côté, Speedy Graphito indiquait lors de sa remarquable exposition au cloître de la cathédrale de Fréjus l’an dernier : « Je veux retracer les cohabitations multiples qui ont construit l’art d’aujourd’hui, un patchwork de styles et d’histoires qui a fait le peintre que je suis aujourd’hui. » Tous deux interrogent donc l’histoire de l’art, mais selon des approches sensiblement différentes.

Au-delà de ces deux artistes, 14 autres ont été sélectionnés cette année – un des principes du festival étant qu’un artiste présent lors de l’édition précédente ne peut pas se représenter l’année suivante. Les visiteurs fidèles découvrent ainsi chaque année de nouveaux talents et de nouvelles formes d’expression. Autre principe fort : associer des artistes déjà reconnus à des créateurs émergents afin de favoriser leur visibilité et leur reconnaissance. Enfin, la mixité occupe une place importante dans la sélection, offrant une représentation féminine du street art encore trop rare dans certains événements du genre.

Un autre intérêt est la découverte d’un lieu étonnant, proche de ce que les amateurs d’exploration urbaine qualifieraient de site URBEX, également mis à disposition des artistes et du public : l’ancien hôtel Kilal, aujourd’hui à l’abandon. Des œuvres y investissent les murs de deux étages, ainsi que la façade extérieure. Étonnement et surprises garantis !

23 mai > 30 sep, village de Grimaud. Rens: FB grimaud.art.urbain

photo : oeuvres de Nora Simon (à gauche) et Speedy Graphito (à droite) © DR