26 Juin Un été aux Musées… nationaux !
Profitons de la période estivale pour faire une tournée des trois Musées nationaux des Alpes-Maritimes ! À Vallauris, on découvrira le travail de Pascale Marthine Tayou autour du concept de « village global ». À Biot, un choc esthétique nous attend avec la « résurrection » de La Création du monde. Tandis que du côté de Nice, on part à la découverte d’un « trésor de famille » grâce aux donations de Bella et Meret Meyer, les petites-filles de Marc Chagall !
Tayou, citoyen du village global
Du 4 juillet au 23 novembre, la chapelle de Vallauris s’offre un magnifique dialogue transfrontalier. Le Musée national Pablo Picasso – La Guerre et la Paix y invite le plasticien Pascale Marthine Tayou – un nom féminisé par ironie face aux stéréotypes de genre – pour un projet sur mesure. Né au Cameroun, voyageur insatiable naviguant entre Gand et Yaoundé, l’artiste déploie une œuvre nomade, hétérogène et farouchement insaisissable. À travers ses sculptures, vidéos et installations, il explore l’humain en mouvement et bouscule le concept de « village global ».
Ici, pas de dogme ni de frontières étanches. Tayou questionne ses racines africaines pour mieux transcender les cultures, liant l’intime à l’universel avec une spontanéité feinte empreinte de désinvolture. Ses créations s’imposent comme de puissantes constructions politiques et poétiques, rétives aux schémas préétablis. Une halte incontournable, lumineuse et profondément humaine, qui fait vibrer l’art de la rencontre.
La Création du monde renaît à Biot
Quand l’avant-garde des années 1920 réinventait la genèse du monde… Jusqu’au 12 octobre à Biot, le Musée national Fernand Léger ressuscite un choc esthétique total : La Création du monde, ballet mythique créé en 1923 par les Ballets suédois. Une aventure née d’une fusion entre quatre figures majeures de l’entre-deux-guerres : le poète Blaise Cendrars, qui puise son livret dans les cosmogonies africaines, le compositeur Darius Milhaud, le chorégraphe Jean Börlin et, bien sûr, Fernand Léger, maître d’œuvre des décors et des costumes. Véritable manifeste de la modernité, cette œuvre-synthèse unit intimement peinture, poésie, danse et musique. L’exposition en retrace la genèse grâce à un prêt exceptionnel de dessins préparatoires venus de Stockholm, mais aussi sa flamboyante postérité. En point d’orgue, la reconstitution des costumes géométriques et colorés, recréés en 2000 pour le théâtre de Genève, promet un voyage spectaculaire au cœur du génie collectif.
Les secrets d’atelier de Chagall
Du côté Musée national Marc Chagall à Nice, c’est un trésor de famille qui s’offre enfin au regard du public. Grâce aux donations de Bella et Meret Meyer, les petites-filles de Marc Chagall, 141 œuvres magistrales ont rejoint les collections nationales. Après une escale parisienne au Centre Pompidou, cet ensemble d’une grande richesse s’installe sur les cimaises du musée niçois, le temps d’un accrochage événement en deux volets, débuté le 7 février dernier pour se terminer le 21 septembre.
Orchestré en quatre grands ensembles, le parcours poursuit son objectif : lever le voile sur les coulisses de la création du maître. On y découvre 41 esquisses et maquettes pour le plafond de l’Opéra Garnier (1964), hommage vibrant à Paris et aux compositeurs admirés. Puis vient le souffle de la danse avec 64 études de costumes et de rideaux de scène pour L’Oiseau de feu de Stravinsky, où la peinture de Chagall épouse magistralement le mouvement des corps. Enfin, l’exposition révèle un plasticien insatiable et touche-à-tout à travers ses céramiques nées à Vence et ses collages de papiers et tissus des années 1960. Une traversée intime, poétique et spectaculaire, qui donne à voir un Chagall monumental et secret.
Pascale Marthine Tayou, 4 juil > 23 nov, Musée national Pablo Picasso – La Guerre et la Paix, Vallauris • Léger et la Création du monde, 13 juin > 12 oct, Musée national Fernand Léger, Biot • Chagall à l’œuvre. Un prêt d’exception au musée, 7 fév > 21 sep, Musée national Marc Chagall, Nice. Rens : musees-nationaux-alpesmaritimes.fr
photo : Pascale Marthine Tayou, Survival Tree, 2018, bois, cristal, albatre, tissus, terre 300 x 350 x 380 cm © Hafid Lhachmi, Courtesy of the artist and Galleria Continua