Cimiez la joue classique

Cimiez la joue classique

Sur la majestueuse colline de Cimiez, à Nice, le cloître du monastère – joyau du XVe siècle où vivent encore des frères franciscains – s’apprête à ouvrir exceptionnellement ses portes pour son rendez-vous annuel. Du 21 juillet au 9 août 2026, la 9e édition du Nice Classic Festival y déploiera sa scène, offrant à 400 privilégiés une acoustique d’exception.

Pensée dans l’esprit d’Yves Saint Laurent, sujet de l’exposition présentée actuellement au Musée Matisse (voir La Strada n°389), cette édition 2026 s’annonce particulièrement inspirée. La programmation fait sienne la devise du couturier : marier l’épure et l’audace, l’héritage et l’avant-garde. C’est à la pianiste concertiste et pédagogue Marie-Josèphe Jude, directrice artistique du festival et présidente de la structure, que l’on doit cette exigence. Cette grande dame du clavier insuffle au festival un esprit de liberté qui refuse les chapelles et fait dialoguer les siècles avec fluidité.

Le parcours de cette édition dessine une esthétique en mouvement constant. Dès l’ouverture, la French Touch sera mise à l’honneur avec le raffinement de Ravel, Debussy et Saint-Saëns. On passera ensuite des salons littéraires romantiques d’une soirée consacrée à George Sand aux vertiges d’un voyage De Vienne à Buenos Aires, où se croiseront Schubert et les tangos de Piazzolla. Le festival osera aussi la rupture moderne en faisant résonner Le Sacre du printemps de Stravinsky dans sa spectaculaire version pour deux pianos et percussions, avant de s’offrir une soirée symphonique d’envergure avec l’Orchestre Philharmonique de Nice. Un pas de côté vers la danse, des concerts intimistes et une clôture sous le signe du jazz achèvent de faire de ce rendez-vous un modèle d’ouverture.

Mais le Nice Classic Festival ne serait rien sans son cœur battant : l’Académie Internationale d’Été de Nice. Célébrant sa 69e édition, cette institution majeure attire chaque été des pédagogues et de jeunes musiciens venus du monde entier. Les master classes réunissent de jeunes talents autour de solistes de renom. Pour le public, c’est l’occasion de découvrir, lors de concerts hebdomadaires gratuits, les visages et les voix de demain, à l’image des élèves de la classe de chant de la grande soprano Lorraine Nubar. Sous les étoiles de Cimiez, les maîtres de l’Académie d’été quittent ainsi leurs classes pour la scène, partageant l’affiche avec des invités de tous horizons : comédiens-conteurs comme Marie-Christine Barrault (voir encadré) ou ensemble de jazz. Un métissage chaleureux entre passeurs de mémoire et virtuoses de demain, qui fait vibrer ce haut lieu azuréen bien au-delà de la seule transmission académique.

Dans ce cadre idyllique, la musique devient un art de vivre à part entière. Entre deux sonates, les festivaliers sont invités à prolonger le plaisir dans les 9 000 m2 de jardins d’exception. C’est ici même, dans l’ancien potager des Pères franciscains, qu’aurait été créée la célèbre salade de mesclun ! Fidèle à ce patrimoine de la cuisine niçoise, le festival propose chaque soir une dégustation sous les arbres (réservation conseillée).

21 juil > 9 aou, Cloître du Monastère de Cimiez & lieux divers, Nice. Rens: niceclassiclive.com

photo : concert au Cloître du Monastère de Cimiez © DR

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