Le Cheval emmuré

Le Cheval emmuré

Prenez un quadra cynique, arrogant et journaliste, persuadé de régner sur son petit monde. Ajoutez-y une photographe borderline au passé de secte, sans filtre ni boussole. Vous obtenez ainsi un choc frontal…

Quand Jules, héroïne borderline, disparaît brusquement, Greg n’a d’autre choix que de consigner leur passion orageuse dans un manuscrit. Mais l’enquête sur cette muse fuyante tourne vite à l’introspection : pour libérer l’autre de sa camisole invisible, encore faut-il briser ses propres liens.

Pour son 1er roman, Valérie Piola-Caselli livre un thriller psychologique haletant, écrit au scalpel, libéré des faux-semblants, dans un style alerte et incisif, articulé en chapitres ultracourts qui donnent un rythme soutenu à l’ouvrage. L’œil de la scénariste pointe dans cette manière de croquer les failles humaines et de transformer des personnages d’abord stéréotypés en figures d’une poignante humanité.

Sur fond de Côte d’Azur et de milieu artistique, le récit décortique nos prisons intimes qui nous font croire, à tort, en une liberté acquise. Sans jamais verser dans le pathos, Valérie Piola-Caselli orchestre un pas de deux tendu, visuel et profondément empathique. Une réussite battante, qui possède déjà le rythme et l’évidence d’un grand film. On sort de cette chevauchée remué, l’esprit en alerte.

Le cheval emmuréde Valérie Piola-Caselli (Éditions Ovadia, 248 p.)