Opéra de Nice : citius, altius, fortius

Opéra de Nice : citius, altius, fortius

Sportive, la saison 2023-2024 de l’Opéra de Nice le sera, non seulement par le nombre de productions, mais également par le lien que Bertrand Rossi, directeur de la maison azuréenne, a souhaité établir entre art et sport. « Une programmation athlétique et éclectique », comme il aime le dire, qu’il souhaite porteuse et surprenante.

Nice sera en effet touchée directement par les grands moments sportifs de la saison : la coupe du monde de rugby, l’arrivée du Tour de France à Nice en juillet 2024, et bien sûr, les Jeux Olympiques à Paris, qui impliquent directement ou indirectement tout le pays. Pour Bertrand Rossi, « les artistes sont des sportifs de haut niveau« . Le parallèle lui semble naturel et un prétexte pour une saison qui renverra régulièrement aux évènements sportifs. 

Et s’il est un art lié de façon évidente au corps, c’est bien la danse. C’est donc par un festival de breakdance, Hip Hop’era, une discipline qui vient d’entrer aux J.O., que s’ouvrira la saison, associant les danseurs du Ballet de Nice Méditerranée à de jeunes breakdancers venus se produire sur le parvis de l’établissement ; prolongé un peu plus tard dans l’année par l’une des spécialités « maison », un Afterwork autour de la breakdance dans un lieu qui, naturellement, sera l’un des partenaires privilégiés de l’Opéra de Nice cette saison, le Musée National du Sport. Quant aux ballets, ils jalonneront la saison, avec de grands classiques du répertoire niçois, et le mythique Gisèle, chorégraphié ici par Martin Chaix, qui y fera son entrée, en décembre.

L’art lyrique, un sport de haut niveau

Mais l’Opéra reste au premier plan de la programmation, avec entre autres, la production emblématique de cette saison sportive, L’Olympiade des Olympiades, un pasticcio dont se sont emparés, depuis le 18e siècle, une bonne cinquantaine de compositeurs inspirés par le livret de Metastasio. Un projet imaginé par l’Ensemble Matheus que dirige Christophe Spinozi, mis en scène par Eric Oberdorff, associé au chœur et à l’orchestre de l’opéra, du 30 avril au 4 mai. L’art lyrique est toujours en devenir, comme le montre la création de l’opéra de Laurent Petitgirard, Guru, inspiré d’un fait divers, à découvrir en février, ou encore la venue d’un dytique qui réunit le Rossignol d’Igor Stravinski et Les Mamelles de Tiresias de Francis Poulenc, que tout oppose et que la scène rassemble dans une mise en scène audacieuse d’Olivier Py, en co-production avec le Théâtre des Champs Élysées à Paris. Enfin, l’opéra de Nice fêtera le centenaire de la disparition de Giacomo Puccini par un récital avec la soprano Ermonela Jalo et une production, celle de Madame Butterfly

Le sport, et plus particulièrement son esprit défendu aux jeux olympiques, sera également une source de création, comme celle du compositeur Pierre Rusher qui reprend à son compte les mots de Pierre de Coubertin, Citius, altius, Fortius (plus vite, plus haut plus fort) pour trame à sa pièce – une commande de l’Orchestre Philharmonique de Nice, et l’un des nombreux concerts symphoniques à l’affiche. L’occasion de découvrir des cheffes d’orchestre et compositrices, et de retrouver de grands solistes internationaux – la pianiste Katia Buniatishvili, le violoniste Renaud Capuçon, le pianiste Alexandre Tharaud, ou encore le violoncelliste Daniel Müller-Shott, mais aussi d’assister à une série de Concerts express, les 60 minutes du Philharmonique, de la musique de chambre… Au total, 47 rendez-vous avec les formations maison et leurs invités !

L’Opéra poursuit sa programmation de rendez-vous plus « décalés », qui touchent tous les publics : le Festival d’Opérette, dont l’un des héros sera Luis Mariano en novembre, mais aussi, en plus déjanté, Franck Zappa avec sa fresque musico-théâtrale, 200 motels-the suite ; le Festival d’Art sacré, avec une création signée Pierre Tilloy qui fait se rencontrer les formations de l’opéra avec les Tambours du Bronx, une autre de Marcello Panni qui sollicite le chœur d’enfants de l’opéra de Nice-Côte d’Azur ; et bien sûr les rencontres avec le jeune public, pour qui deux créations sont programmées – Sinbad du britannique Howard Moody et La Petite Sirène de Régis Campo, ou encore les concerts familles…

Le sprint final

Le « sprint final« , comme s’amuse à le nommer Bertrand Rossi, sera le concert donné pour l’arrivée du Tour de France. Un concert étonnant, puisque son chef, Dylan Corlay, qui en a eu l’idée, sera à vélo ! Il ralliera les phalanges orchestrales implantées sur le parcours pour une arrivée triomphale le 14 juillet sur la Place Massena.

Cette saison encore, l’opéra de Nice offrira dans le vénérable édifice de la rue Saint François de Paule, mais également hors les murs, à la Diaconie, au Musées National du sport, au Musée Marc Chagall, des propositions variées, souvent audacieuses, toujours intéressantes, qui font la part belle à une tradition renouvelée et s’adresse à tous les publics et tous les goûts. « Découvertes et retrouvailles« , « innovation et tradition« , « regards nouveaux et amitiés fidèles« , sont quelques-uns des maîtres-mots que s’emploie à respecter Bertrand Rossi pour poursuivre sa direction artistique. Une volonté qui, semble-t-il, porte ses fruits auprès du public.

Dès le 2 sep, Opéra de Nice & sa région. Rens: opera-nice.org

photo: Opéra de Nice © Dominique Jaussein