30 Oct Un festival de danse (ou presque) !
Comme un avant-goût du prochain Festival de danse de Cannes, qui deviendra annuel dès 2025, le Palais des Festivals invite, fin novembre, quatre compagnies de danse parmi les plus prestigieuses du moment. Éblouissements garantis.
Le coup d’envoi sera donné par la danse cubaine dont la beauté et la diversité s’affirment depuis plus d’un siècle. Traditionnelle, classique ou contemporaine, aucune technique ne paraît inaccessible aux habitants de cette île des Caraïbes qui semblent naître pour danser tandis que des écoles réputées assurent des formations d’excellence. Au milieu de cette effervescence, la Malpaso Dance Company est apparue en 2012, devenant en quelques années une référence incontournable. Avec ses 12 danseurs, elle parcourt le monde pour présenter un programme qui mêle chorégraphes contemporains de la scène internationale et créations cubaines. Pour sa première venue à Cannes, elle présentera Tabula Rasa de Ohad Naharin, une pièce sur laquelle le chorégraphe a souhaité porter un nouveau regard en s’inspirant de l’énergie folle des danseurs cubains, plus de 30 ans après sa création. Avec Woman with water, comme à son habitude, Mats Ek transcende les petits gestes du quotidien pour les enrober d’une pétillante beauté. Enfin, Osnel Delgado, co-fondateur de la compagnie, chorégraphe et directeur artistique, rend hommage à son île natale : Dancing Island offre un spectacle explosif à travers l’évolution des danses cubaines.
Tout autre est l’univers développé par la GöteborgsOperans Danskompani, placée sous la direction artistique de Katrín Hall. Avec un répertoire composé de pièces imaginées presque exclusivement pour la compagnie suédoise, elle se démarque par une audace certaine et une forme d’exclusivité. La chorégraphe canadienne Crystal Pite, qui a l’habitude de faire évoluer les danseurs des plus grands ballets, ne pouvait qu’être séduite par l’univers de Göteborg. Sa création Solo Echo, sur une partition de Johannes Brahms, offre un esthétisme éblouissant que l’on emporte avec soi alors que le rideau est tombé depuis bien longtemps. Le travail du français Yoann Bourgeois est également très apprécié par la compagnie, puisqu’après le fascinant Hurricane il se lance dans une seconde création. We loved each other so much lui offre la possibilité de partir en quête d’un moment précis et unique : le point de suspension que l’on ne peut atteindre que par une combinaison habile et subtile du travail acrobatique lié à la recherche chorégraphique.
Le week-end suivant fera place à la création française qui n’a rien à envier aux scènes européennes. Le Ballet Preljocaj ne se présente plus tant la seule évocation de son nom suffit à remplir les salles. Le grand auditorium du Palais des Festivals accueillera Requiem(s), sa dernière création, l’une des œuvres les plus personnelles du chorégraphe. Cette série de rendez-vous s’achèvera avec Contre-nature de Rachid Ouramdane, dont la première aura lieu quelques jours auparavant au Théâtre Chaillot. En réunissant des interprètes issus de différents univers, il les fait évoluer dans une danse aérienne qui les hisse à un pur état de grâce.
Malpaso Dance Company, 23 nov • GöteborgsOperans Danskompani, 24 nov • Ballet Preljocaj, 30 nov • Cie de Chaillot – Rachid Ouramdane, 1er déc. Palais des Festivals, Cannes. Rens: palaisdesfestivals.com
photo : GöteborgsOperans Danskompani – We Loved each © Lennart Sjöberg