26 Mar Hasta la victoria, companiero
Jean-François Téaldi, Jeff pour les amis, « journaliste, syndicaliste, communiste », comme il se présentait dans un ouvrage qu’il avait publié aux éditions Tirésias-Michel Reynaud, nous a quittés le 12 mars 2025. Il nous aura marqués par sa bienveillance, son engagement politique et son éthique hors du commun.
« Chez moi, il n’y avait ni livres, ni télévision, ni voiture. Ma culture politique et culturelle, je la tiens du Parti communiste. Ça me structure et ça me structurera jusqu’à ma mort« , dira cet homme né le 14 février 1952 dans une famille modeste de Cannes. Jean-François s’est notamment illustré comme syndicaliste en fondant le syndicat SNJ CGT à France Télévision. Pour lui, le journalisme d’opinion devait exister, sans travestir la réalité, afin de pointer du doigt les contradictions de certains hommes politiques. Il vérifiait presque obsessionnellement chaque information, quelle qu’elle soit. Il s’est d’ailleurs engagé politiquement à Cagnes-sur-Mer, où il était conseiller municipal et opposant, comme en témoigne Louis Nègre, actuel maire de la ville : « Il était au-dessus de la moyenne. Lui, l’intérêt général, il savait vraiment ce que c’était ».
Un de ses proches, Pierre Barbancey, Grand Reporter au journal L’Humanité, déclarait récemment sur France 3 : « Quand il donnait son amitié, il la donnait entièrement, avec exigence, comme en tout. Et on savait que, quoi qu’il arrive, on pouvait compter sur lui. C’était cette sorte d’amitié du Sud, méditerranéenne, basée sur une espèce de virilité non déclarée. Elle n’empêchait pas les débats parfois vifs (souvent sur des sujets politiques) où l’important résidait dans les arguments qui devaient être étayés. Comme un jeu intellectuel où personne ne cherchait à gagner. Dans cette relation, Jeff pouvait tout donner, à la hauteur de l’estime qu’il avait pour celui qui était son ami. Cela semble chevaleresque, presque épique dans ces temps d’égoïsme et d’individualisme. »
C’était Jean-François… Un ami, un compagnon de route aussi, qui a soutenu notre support, qui m’a conseillé, appris beaucoup de choses, sans aucune suffisance avec une bienveillance rare et une précision redoutable. Il m’a appris la rigueur, et à exprimer mes idées, même si nous n’étions pas de la même gauche. Toujours avec clairvoyance et ouverture. J’ai du mal à finir, car je n’ai pas d’essuie-glaces… Notre équipe et moi-même adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Nous nous reverrons un de ces jours pour nous livrer à nos occupations préférées : débattre pour un monde meilleur et plaisanter comme on sait le faire en Méditerranée.
photo : Jean-François Téaldi © DR