23 Avr Vive la résistance passive !
La Semeuse et la Fondation Cessole présentent un spectacle célébrant la « résistance passive », celle du Bartleby de Melville. Une autre manière de contrer le monde ubuesque que certains clowns autoritaires tentent de nous imposer en ce moment.
La Cie du Quadrant magique adapte, sous forme de lecture théâtralisée, Bartleby de Herman Melville, une nouvelle qui fait écho à un phénomène très contemporain : le « quiet quitting« , ou démission silencieuse, mouvement que l’on retrouve principalement chez les jeunes salariés qui ne se font guère plus d’illusions sur le monde du travail.
Cette tendance qui consiste à faire le strict minimum ne date pas d’aujourd’hui. Car, dans sa nouvelle publiée en 1853, l’écrivain américain décrit un personnage qui soudain s’interrompt et refuse de travailler en déclinant chacune des tâches qu’on lui demande au moyen de cette célèbre formule : « I would prefer not to » que l’on peut traduire par « Je préférerais ne pas« . Un refus poli, une résistance passive qui désarçonne son employeur, perdu face au comportement inexpliqué de son employé. Ce récit fascinant soulève une question d’une actualité brûlante : quel sens donner au travail ?
Il est vrai qu’avec la Covid on s’est aperçu que tout arrêter était peut-être le moyen pour les humains de « reprendre la main » sur le mouvement libertarien, son économie sauvage, sa négation du collectif et de l’état de droit, dont le comportement actuel de Trump n’est qu’une conséquence.
Le comédien Philippe Martin livre ici un exercice périlleux mais jubilatoire ! Partez donc avec lui à la rencontre de Bartleby, employé modèle devenu, pour de nombreux admirateurs, le symbole de la résistance passive. Franchement, ne préfèrerions-nous tous ne pas… ? Dès lors, la machine à fake news et le totalitarisme galopant qu’elle sert ne pourraient-ils pas ainsi être stoppés net ?
17 mai, Chapelle de la Providence, Nice. Rens: lasemeuse.asso.fr, fondationcessole.com
photo : Philippe Martin © DR