23 Avr ESRA Côte d’Azur : pépinière de talents
Alors que Festival du film de Cannes s’apprête à célébrer sa 78e édition, nous nous sommes demandé ce que deviennent les « sortants » de l’ESRA Côte d’Azur, prestigieuse école supérieure de réalisation audiovisuelle. Son directeur Thierry Collard nous a donné quelques nouvelles de réalisateurs et directeurs de la photographie formés dans son établissement, qui embrassent aujourd’hui le succès.
Thierry Collard fait partie de ces acteurs de la Culture très présents sur le terrain. Il est de toutes les initiatives, à l’affût du moindre festival, enracinant ainsi l’ESRA Côte d’Azur dans le tissu local culturel et économique. Ceci correspond bien à l’état d’esprit de cette école dont l’éthique lui a donné ses lettres de noblesse. Dès sa création, l’ESRA a su concevoir une stratégie territoriale englobant toutes les villes de notre région, actives dans le secteur du cinéma et plus largement de l’audiovisuel, en choisissant l’appellation Côte d’Azur. Donnant ainsi à certains se réclamant de « chapelles », un exemple de ce que pourrait-être une Côte d’Azur pacifiée et efficace. Cette éthique se retrouve dans la réussite des étudiant de l’ESRA qui font rayonner la région au-delà de ses frontières, grâce à leurs réalisations. Sans compter la réussite des techniciens qui ont implanté dans la région, et bien au-delà, nombre d’entreprises audiovisuelles.
On a beaucoup parlé ces dernières semaines d’anciens de l’ESRA Côte d’Azur, comme Akaki Popkhadze, qui a réalisé Brûle le sang, sorti en janvier dernier (voir La Strada n°373). Mais il y a d’autres réalisateurs, notamment de courts métrages sélectionnés dans de grands festivals ou diffusés sur des chaînes de télévision, qui parviennent à se faire une place sur l’échiquier du 7e Art. Telle Coralie Prosper, sortie de l’école en 2012, qui a réalisé Kotowari, film récemment sélectionné au Festival international Musique et Cinéma à Marseille, et qui vient d’être diffusé sur France 2 dans le cadre du programme Histoire courte. Ou Nicolas Avrand, auteur de The Moderator, presque un moyen métrage, avec dans le rôle principal, Arsène Jiroyan, acteur français qu’on a vu dans beaucoup de séries TV, Braco notamment.
En novembre dernier, aux Studios Cannes Bastide Rouge, la Commission du Film Alpes-Maritimes Côte d’Azur accueillait quelques jeunes espoirs lors de la 2e édition de son événement Talents Côte d’Azur, en partenariat avec la Ville de Cannes, Cannes Bastide Rouge, Canneseries et l’ARTS (Association Régionale des Techniciens du Sud-est Cinéma Audiovisuel). L’objectif: favoriser la rencontre entre porteurs de projets maralpins et producteurs en permettant aux talents sélectionnés par un comité de lecture de présenter leur projet. Y figurait Tim Aspert, sorti de l’école en 2010, qui a présenté son court métrage Être Angela, dont les effets spéciaux ont été réalisés par la société Machina Film, créée par d’anciens élèves de l’ESRA. Sélectionné dans de nombreux festivals, notamment à Clermont-Ferrand, la Mecque du court-métrage français, et lors d’Un festival c’est trop court à Nice, le jeune cinéaste a pour projet d’en faire une série TV. Aurore Coppa (promo 2009) y présentait aussi son court métrage L’accord, tandis que Luca Di Nuzo (promo 2017), par ailleurs assistant réalisateur sur Brûle le sang, y dévoilait le documentaire Philippe après la mort.
Thierry Collard a également mis en valeur, pour nous, le travail de Loïc Lété (promo 2022), sur le court métrage Du corps à l’ouvrage, et celui d’Arthur Mangiapan (promo 2023) avec un autre court, Nous, les animaux, produit par le GREC (Groupe de Recherche d’Études Cinématographiques), qu’il vient de tourner en mars dernier à Nice, avec une équipe composée quasiment exclusivement d’anciens de l’ESRA. Quant à Antoine Zimmermann (promo 2022), lui aussi récompensé par les Talents Côte d’Azur, il souhaite faire passer son Ruby Shella du format court au format long métrage. Tous ces projets de films ont déjà été retenus par un jury pro de producteurs locaux et nationaux, qui, pour chacun d’entre eux soutiendront, accompagneront un de ces projets.
Si tous ces jeunes talents sont réalisateurs, Thierry Collard suit également de près le travail d’Adrien Bertolle, ancien de l’école qui œuvre beaucoup en tant que directeur de la photographie. Il y a quelques années, il occupait ce poste essentiel sur Jane by Charlotte, film documentaire sur Jane Birkin réalisé par sa fille Charlotte Gainsbourg. Plus récemment, il a été le directeur de la photo de la série The Deal, présenté en première mondiale lors du festival Série Mania à Lille, et diffusé très prochainement par Arte.
Autant de talents révélés sur la Côte d’Azur, une région qui reste un vivier de créateurs, mais aussi un lieu de tournage privilégié dont la renommée n’est plus à faire.
Plus d’infos sur les formations de l’ESRA: esra.edu
photo : Brûle le sang d’Akaki Popkhadze © Jean Louis Paris