26 Juin Du Lavandou à l’infini des formes
Avec l’exposition Paysages et abstraction, la Villa Théo met tout l’été en lumière une trentaine d’œuvres provenant de sa collection permanente, de collections privées, et de partenariats avec le musée FAMM (Mougins), la Fondation Hartung-Bergman (Antibes), le musée du Niel (Hyères), et la collection départementale d’art contemporain du Var.
Au-delà de son charme balnéaire et de ses paysages idylliques, Le Lavandou affirme son attachement à la culture en développant une offre artistique exigeante. En témoignent les expositions proposées régulièrement à la Villa Théo, centre d’art municipal situé dans l’ancienne demeure du peintre néo-impressionniste Théo Van Rysselberghe (1862-1926), acquis par la commune en 2007, qui fait aujourd’hui office d’espace de mémoire, de création et d’exposition.
Jeune commune née en 1913, Le Lavandou s’est peu à peu construit une identité singulière, entre Provence et Côte d’Azur. Baignée de lumière et traversé par les contrastes chromatiques, la commune a su séduire de nombreux artistes en quête d’inspiration. Et cette exposition explore la manière dont ces artistes se sont imprégnés de la lumière, des couleurs et des formes du paysage méditerranéen pour en livrer une interprétation où l’émotion l’emporte sur la simple représentation. Le paysage devient ici le point de départ d’une aventure picturale qui s’affranchit des codes traditionnels pour mieux traduire l’intensité d’une atmosphère, la vibration d’une lumière, ou le souffle d’un vent.
Dans Paysages et abstraction, les œuvres issues des collections municipales côtoient des prêts de prestigieuses institutions. On y retrouve des maîtres comme Henri-Edmond Cross, Pierre Bonnard, Henri Manguin ou Maria Helena Vieira da Silva, mais aussi des artistes plus contemporains tels que Judith Bartolani, Solange Triger, Pierre-Marie Kurtz, Agnès Mader, Jennifer Wood ou Patrice Giorda. Cette traversée se prolonge avec des médiums variés, de la peinture à la photographie, en passant par des œuvres d’art aborigène australien avec Sylvia Kanytjupai Ken, ou encore des créations inspirées de l’Asie, comme celles de Lalan, artiste franco-chinoise.
Parmi les figures majeures de l’abstraction photographique, Hans Hartung et Éric Bourret apportent une lecture renouvelée du paysage, où la matière, la lumière et le temps s’entrelacent dans des compositions d’une grande force poétique.
Plus qu’un simple accrochage, Paysages et abstraction est une invitation à ressentir, à contempler autrement, à se laisser emporter par des visions intimes. Un parcours d’art et de lumière où nature et création dialoguent avec sensibilité.
Jusqu’au 18 oct, Villa Théo, Le Lavandou. Rens: villa-theo.fr
photo: Henri-Edmond Cross, Aquarelle cap Nègre, 1909, 11,5 x 13,5 cm © DR