25 Mar Un miroir de la vie artistique cagnoise
Enrichir les collections municipales va bien au-delà de la simple accumulation d’objets, c’est une mission de conservation qui vise à restituer avec précision l’identité d’un lieu, d’une ville. Grâce à une veille attentive menée ces huit dernières années, la Ville de Cagnes-sur-Mer a fait l’acquisition de plus d’une vingtaine d’œuvres, chacune venant combler un vide ou éclairer une nuance de notre patrimoine commun. Un corpus à découvrir dans l’exposition La vie artistique cagnoise.
Documenter la « bohème ensoleillée »
Cette politique d’acquisition s’articule autour de trois axes qui, ensemble, dessinent une cartographie fidèle du passé artistique local. En premier lieu, la recherche de paysages de Cagnes et de ses alentours permet de documenter l’évolution d’un territoire qui a fasciné les peintres du monde entier, de la fin du XIXe siècle jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En collectionnant ces œuvres, la Ville ne se contente pas d’illustrer des sites ; elle préserve la mémoire de cette « bohème ensoleillée », selon la formule de Michel Gaudet. Ces acquisitions témoignent de l’effervescence intellectuelle et artistique qui a fait des Hauts-de-Cagnes un carrefour de création international, un lieu de séjour et d’inspiration où l’art se vivait au quotidien.
L’héritage de Suzy Solidor
Le troisième pilier de cette stratégie concerne Suzy Solidor. En 1973, en offrant 40 de ses portraits au Château-musée Grimaldi, la chanteuse a durablement transformé et enrichi l’institution. Poursuivre aujourd’hui l’achat d’œuvres liées à sa figure n’est pas seulement un hommage, c’est une volonté de pérenniser ce geste fondateur tout en explorant les multiples facettes de sa personnalité iconique.
Raconter un récit
Ces acquisitions récentes, dont certaines sont dévoilées ici pour la première fois, constituent le fil conducteur de l’exposition présentée au premier étage : La vie artistique cagnoise, les acquisitions récentes. Elles offrent aux visiteurs une vision renouvelée et plus complète de ce qui fait l’essence de Cagnes : une terre d’élection pour les artistes, où l’histoire s’écrit à travers chaque toile et chaque regard.
Nous reviendrons prochainement sur l’exposition qu’accueille concomitamment le Château-Musée Grimaldi : Alexis Gritchenko, un peintre vagabond. Grand voyageur, ce peintre ukrainien (1883-1977) est tombé amoureux de la Côte d’Azur – en particulier de Cagnes-sur-Mer, son port d’attache entre 1927 à 1960. Une région qu’il a peint dans un style influencé par le cubisme et l’art de l’icône. L’exposition, présentée jusqu’au 15 juin, retrace sa carrière grâce à une sélection d’œuvres issues des collections publiques et de prêts de collectionneurs. L’occasion de redécouvrir cet artiste qui se présentait comme « venu des steppes« , mais désignait la Méditerranée comme « ma vraie patrie« .
Jusqu’au 15 juin, Château-musée Grimaldi, Cagnes-sur-Mer. Rens: cagnes.fr
photo : Yves Brayer (1907-1990), La terrasse à Cagnes, Huile sur toile, 1957 – 38 x 46 cm Collection château-musée Grimaldi, œuvre acquise en 2024 © DR