Villa Arson : place aux jeunes !

Villa Arson : place aux jeunes !

Installée à Nice, la Villa Arson est un établissement du ministère de la Culture réunissant une école nationale supérieure d’art, un centre d’art contemporain, une résidence d’artistes et une médiathèque spécialisée. Sa configuration lui permet de présenter régulièrement deux expositions simultanées : cet été, l’une consistera à accompagner l’entrée dans le monde professionnel des diplômé·es 2026, l’autre à valoriser le travail d’un tout jeune artiste. 

Starring at the Sun 

L’exposition des diplômé·es 2026 de la Villa Arson s’articule autour d’un postulat fort : opposer au chaos contemporain une lucidité tranchante, exempte de tout dogmatisme. Sous le commissariat de Martha Kirszenbaum, une trentaine de jeunes artistes y déploieront une polyphonie de pratiques (sculpture, performance, vidéo, peinture), où le langage s’institue comme une matière brute et émancipatrice.

Le parcours se structure selon une triade dialectique rigoureuse. Une première séquence affronte les dispositifs de contrôle, traduisant par la sérialité et la tension formelle les injonctions de la norme. À cette logique hégémonique succède un temps du retrait : une esthétique de l’interstice habitée par des gestes fragiles et des matériaux modestes, replaçant le récit intime au centre de la résistance. Enfin, l’exposition s’ouvre sur une énergie du dehors, éprouvant le vivant dans une confrontation directe avec les éléments. Loin du simple constat, cette sédition poétique collective s’affirme comme une caisse de résonance des incertitudes de notre époque.

Là où le jour cède

Lauréat 2026 de la bourse de la Francis Bacon MB Art Foundation, créée par Majid Boustany pour accompagner la professionnalisation des jeunes diplômé·es de la Villa Arson, Dany Albiach présente quant à lui Là où le jour cède. Diplômé en 2024, l’artiste s’impose par une esthétique du suspens et de la réminiscence, et appréhende l’espace pictural comme un territoire relationnel où l’ordinaire se charge d’une intensité existentielle.

Nourri par le dessin et la sérigraphie, son travail est traversé par l’expérience de l’insomnie. Les compositions se saturent de bleus nocturnes et de profondeurs chromatiques, d’où émergent des fragments de paysages – des reliefs de La Réunion aux horizons niçois – et des silhouettes indistinctes. Albiach refuse l’autorité du sujet : par des scènes fragmentaires et un refus du titre, il préserve un interstice de mystère. Une œuvre suspendue entre fiction et effacement, où l’intime s’émancipe pour devenir une expérience partagée.

10 juil > 27 sep, Villa Arson, Nice. Rens: villa-arson.fr

photo: © Dany Albiach