26 Juin Une nouvelle étoile à La Trinité
Quand l’architecture redessine le cœur d’une commune azuréenne… La Trinité a récemment inauguré La Stella, sa nouvelle salle de spectacles : une oasis de liberté et de créativité. Le maire, Ladislas Polski, nous l’a présentée et nous vous dévoilons en avant-première les temps forts de sa première saison.
La Stella incarne la renaissance culturelle et urbaine de La Trinité. Portée par la vision d’un « geste architectural significatif« , elle est installée sur un ancien site en friche, pour redessiner le cœur d’une commune longtemps malmenée par l’urbanisme d’après-guerre. Conçu par l’agence Février Carré, le bâtiment se pare de bois et de matériaux biosourcés, lui conférant un aspect de pierre blonde presque intemporel. Entre sa galerie d’arcades latines et son drapé de béton lisse aux reflets subtilement dorés, qui le fera briller comme une étoile, l’édifice revendique un « universalisme méditerranéen« .
Face à l’amphithéâtre de l’Escarène et sous l’œil bienveillant de l’Observatoire du Mont-Gros, conçu par Charles Garnier avec la participation des ateliers Eiffel, cette nouvelle salle de spectacles (500 places assises, 1 100 debout) entend reconnecter les Trinitaires avec « l’émancipation républicaine par le beau« , selon les mots de son maire. Sa toute première saison constitue un manifeste de reconquête populaire et esthétique qui promet de faire vibrer le cœur de la vallée. Un projet fédérateur qui prouve que « la culture reste le contraire d’une réjouissance solitaire« , selon la formule d’Albert Camus que Ladislas Polski aime à citer. Car pour lui, si le nom de la salle renvoie naturellement aux étoiles du spectacle, il évoque aussi « l’esprit des Lumières« . Temps forts.
Du rectangle vert aux planches
La Stella frappe un grand coup en plaçant sa rentrée sous l’égide de la Comédie-Française. Avec Pour en finir avec le football, le pensionnaire Clément Bresson livre un seul-en-scène intime et drôle. L’histoire de Paul-Émile, gamin du Stade de Reims qui rêvait de faire du ballon rond un art avant d’être rattrapé par les planches et la poésie. Un va-et-vient subtil entre le stade et la scène, explorant la nostalgie du but marqué.
Sur un registre plus grinçant, la Cie du Dire Dire propose Dissonances Jeanne d’Arc. Le pitch ? Une émission de radio en direct qui dérape. Autour d’un unique comédien/journaliste, de vrais « sachants » (politique, prêtre, mystique) feignent de débattre de la Pucelle d’Orléans… jusqu’au pugilat. Une satire féroce et intelligente des dérives médiatiques et du politiquement correct.
Enfin, les amateurs de 7e Art revisités se rueront sur Le Cercle des poètes disparus, adaptation d’Olivier Solivérès récompensée par deux Molières, avec Xavier Gallais. Un cri à la vie et à la transmission qui transperce l’austérité des années 1950. Plus tard dans la saison, Francis Huster montera également sur scène avec En thérapie.
Engagements et droits des femmes
Le point d’orgue civique de la saison revient sans conteste à Procès d’une vie. Signée Barbara Lamballais et Karina Testa, cette pièce récompensée par 3 Molières en 2026, ressuscite le retentissant procès de Bobigny de 1972, mené par Gisèle Halimi. Défendu par une troupe incisive, le spectacle rappelle la terrible mise en garde de Simone de Beauvoir : « Il suffira d’une crise pour que les droits des femmes soient remis en question. » La laïcité sera abordée avec 100 % Marianne de la Cie Le Pompon. Lauréate du Prix Culture Laïcité 2023, cette comédie effrénée transforme une salle des professeurs en arène de joutes verbales absurdes et hilarantes, égratignant les dogmes pour mieux prôner la tolérance.
L’art du rire
La Stella entend aussi devenir l’un des QG azuréens du rire. Le festival Les Plages du Rire y pose ses valises, avec Samuel Bambi dans Machine ! un stand-up explosif écrit avec la complicité de Nicolas Nebot. Pour les amateurs de plateaux, le truculent Marco Paolo déclinera ses soirées Get Up, Stand Up à deux reprises, réunissant la crème des humoristes issus des comedy clubs parisiens les plus en vue. Quant à Rosa Bursztein, elle présentera Dédoublée, autofiction touchante et désopilante sur sa quête de maternité, saluée pour sa sincérité désarmante.
Hybridations et grands classiques
Côté partition, le grand choc esthétique s’appelle Les Saisons du futur. Dans le cadre de la Fête de la science, Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus télescopent Les Quatre Saisons de Vivaldi avec des sonorités égyptiennes et électroniques pour traduire le dérèglement climatique. Une hybridation baroque-moderne saisissante. Les amateurs de musique de chambre savoureront le voyage de Michel Lethiec, De Vienne à Broadway, qui fait tomber les frontières entre le quintette de Mozart et les envolées de Gershwin ou Bernstein. Le classique s’offrira même une session grand format et gratuite grâce à Lionel Bringuier à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Nice, pour une exploration intime de Beethoven. Enfin, l’incontournable groupe de Portland Pink Martini fêtera ses 30 ans de carrière, emmené par la flamboyante Storm Large, tandis que le jeune public découvrira La Petite Sirène de Régis Campo, une merveille lyrique et féerique contre la violence.
Corps électriques et glamour
Le mouvement règnera début 2027. D’abord avec Kader Attou pour Un petit pas de trop, pièce où le hip-hop se marie au burlesque à travers le portrait de trois hommes confrontés à la poésie du déséquilibre. En mars, la Cie MazelFreten, révélée au grand public lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, présentera sa quatrième création : Memento. Un choc physique intense faisant dialoguer trois danseurs électro et trois danseuses hip-hop venus des quatre coins du monde. Même la Saint-Valentin aura son mot à dire, avec Clara Morgane qui officiera en maîtresse de cérémonie dans Clara Morgane au 7e, un cabaret glamour composé de sept tableaux audacieux célébrant le féminin entre effeuillage et acrobaties.
Les frissons de la pop culture
La Stella n’oublie pas le 7e Art avec une Nuit du film zombie pour Halloween, associant le culte Shaun of the Dead d’Edgar Wright et le réjouissant Coupez ! de Michel Hazanavicius, le tout agrémenté d’un bal et d’une table ronde philosophique à la médiathèque. Et, dans un registre plus mémoriel, le Festival du film sur la Résistance projettera La Vie sera belle, en présence de l’historien Jean-Louis Panicacci.
La Stella est aussi un lieu de vie. Son Café des étoiles dispose d’un espace intérieur convivial et d’une terrasse offrant une vue sur le Mont-Gros et son observatoire. Ouvert les soirs de spectacle, il permet de profiter d’un verre ou d’une restauration légère. Bref, tout est réuni pour que cette première saison, éclectique et ancrée dans son époque, fasse briller durablement cette nouvelle étoile.
Rens: lastella.fr
photo : inauguration de La Stella © Ville de La Trinité