L’insolence trad’

L’insolence trad’

À Coaraze, les musiques populaires s’affranchissent du folklore poussiéreux pour s’offrir trois jours de fête indisciplinée, vibrante et résolument moderne, du 21 au 23 août. Bienvenue à Vira Soleu !

On le surnomme le « village du soleil ». Mais Coaraze est aussi une terre de résistance discrète, un nid d’irréductibles qui préfèrent l’audace des chemins de traverse à l’asphalte des blockbusters estivaux de la Côte d’Azur. C’est là que l’association Un Giro me lu Vielhs organise depuis 4 ans un Vira Soleu à l’ambition inchangée : malaxer le patrimoine pour en faire un carburant d’avenir, le tout à prix doux.

Les puristes grimperont jusqu’à l’église pour s’envelopper des voix a cappella du chœur piémontais L’Escabot. Les autres préféreront sans doute le court-circuit temporel provoqué par Maqx et son  » électro-trad « , ou le mix hautement calorifère de Dimitri from Panisse. C’est là toute la force de cette programmation : faire dialoguer les vallées et les continents. Quand Lo Camin de Turin fera résonner le Paillon en langue niçoise, les trublions de Johnny Makam injecteront une bonne dose de pulsations électroniques et d’énergie rock dans les mélodies turques.

Plus loin, le quatuor féminin La Mal Coiffée viendra rappeler, à grands coups de percussions et de polyphonies languedociennes, que la chanson occitane est une matière vivante, politique et toujours debout. Une passerelle vers la Méditerranée que La Bande à Koustik prolongera à travers un métissage provençalo-berbère particulièrement ardent.

Parce que le festival se veut aussi une affaire de transmission et de partage familial, les plus jeunes auront droit à leur bulle de poésie dans L’Îlot Son de Bruno Desbiolles, avant que tout ce beau monde ne se retrouve pour le grand final, avec Full Vengut, spécialiste d’une transe mariant le fifre niçois aux rythmiques puissantes de la Gascogne. Car que serait un festival en terre occitane sans son balèti !

21 > 23 août, coaraze. Rens: FB Vira Soleu

photo : Clameur, Vira Soleu 2025 © Marcel Loli