C’est Chaud !

C’est Chaud !

Cette expression convient à notre époque à plusieurs titres. Parce que nous sommes dans une situation inextricable. Rendez-vous compte : la Planète bat tous les records de températures à cause des activités de l’Homme… Je dirais volontiers à cause des activités de quelques grosses sociétés qui ne veulent pas lâcher l’affaire et continuent de polluer. Tant pis pour nous, tant pis pour leurs propres enfants… et même tant pis pour eux. 

Nous sommes tous dans le même bateau, mais en ont-ils conscience ? Ne serait-ce pas le nouveau Titanic ? Il n’y aura pas de canot de sauvetage, même si Jeff Bezos, Elon Musk et Richard Branson pensent qu’ils pourront fuir dans l’espace avec leurs fusées après avoir pillé la Terre, comme le reconnaît volontiers le patron d’Amazon dans un documentaire : « Il n’y a plus rien à tirer de cette Planète. » Cyniques, immatures, cupides et paranoïaques, voilà ces oligarques (il y en a d’autres) qui ont le vrai pouvoir car ils imposent leurs « conditions générales d’utilisation » à la place des lois… C’est chaud de découvrir ce « nouvel ordre » moyenâgeux où des suzerains, au mépris de toute idée démocratique, imposent leurs règles. Le problème de ces gens c’est qu’ils sont incultes, le lien social n’est pas leur tasse de thé. Ils ne connaissent que le gain et surtout le… pouvoir. Toutes les entreprises du GAFAM le savent, d’ailleurs n’avons-nous pas manqué d’avoir l’Américaine Fiona Scott Morton à la Commission européenne au poste d’économiste en chef de la stratégique à la Direction européenne de la concurrence ? Incroyable, une des conseillères de Google, Méta et Amazon. On marche sur la tête : employer une lobbyiste des GAFAM pour gérer leur impact en Europe, c’est comme se jeter dans la gueule du loup. Ça n’est pas passé, mais le geste y était. Mme Von der Leyen eut aimé faire un « cadeau » aux Américains pour devenir secrétaire générale de l’OTAN, semblerait-il. Et quel cadeau : la colonisation digitale de l’Europe ! 

Pourtant, on ne tient pas compte de ces « arrangements » sordides pouvant nous détruire pour remplir quelques poches. Par contre, on suspecte la fraude sociale, on interdit la migration à ceux qui ne supportent plus de vivre par plus de 50°c au soleil ni de subir des guerres inhumaines, on taxe les pauvres, on augmente les prix de leur énergie, de leur communication et de leur nourriture. Pour les puissants, on a même inventé la fraude légale : l’optimisation. Ils ne paient pas d’impôts, ou presque pas, mais ils roulent sur les routes, profitent de la sécurité… et nous les laissent payer. Ce n’est plus le Pays des paradoxes, c’est le Pays du comble !

Alors les humains, comme des cafards, se bouffent entre eux. Il n’y a plus d’humanité : les vieux et les gamins sont plus mal traités que les animaux dans certains établissements de santé. Cette période aux chaleurs insupportables en est un révélateur : ces franges de la population s’étouffent tant l’air est chaud et pollué. Que fait-on pour cela ? On nous taxe, les ordures ménagères vont augmenter, les voitures à carburant seront supprimées au bénéfice de l’électrique… Mais nous n’avons pas assez de courant. Alors on nous imposera l’atome ! On voit ce qui arrive aux centrales nucléaires en Ukraine ou au Japon… Mais personne ne veut l’admettre en haut lieu. Il faut bien avancer nous rétorque-t-on : oui, mais pour se prendre un mur, pourrions- nous répondre. Excusez du peu !

Il ne viendra pas à l’idée des dirigeants actuels d’arrêter les HLM flottants, ces bateaux gigantesques qui assurent croisières ou fret et qui polluent autant que toutes les automobiles du monde. Pourtant, il serait bien plus simple de taxer les grandes firmes plutôt que les victimes que nous sommes. C’est alors que l’on vient à se demander quel est l’intérêt de tout cela ? Car même pour de l’argent, comment des gens peuvent-ils agir à l’encontre de leurs propres intérêts vitaux ? La bêtise, la cupidité et la paranoïa semblent avoir frappé les « hautes sphères ».

Depuis le Covid, le « monde d’après » a perdu ses repères : de temps d’abord, car l’arrêt total de la planète semble avoir déréglé nos horloges biologiques internes. Cette perte de repères temporels a érodé notre humanité. Les rapports se tendent. Les égoïsmes sont célébrés : l’Angleterre se prépare à organiser des « camps » au Rwanda pour les migrants qu’elle rejette… Nous le ferons aussi, l’Europe ne paie-t-elle pas la Turquie pour cela ? Quel autre « dévidoir » morbide trouverons-nous pour rejeter ces gens comme de vulgaires déchets ? Car cette méthode ressemble énormément à ce que nous avons fait avec nos plastiques, nos tissus, nos pneus que nous avons envoyés dans les pays dits, avec cynisme, « en voie de développement ». Honteux !!!

L’étranger de Camus est un livre oublié par certains leaders politiques qui semblent ignorer ce que « droits humains » veut dire. Et maintenant, c’est même chez nous que le « tri » doit s’opérer. On laisse les boulots dangereux en plein soleil aux pauvres… Et, en plus, il y a des postes vacants. Personne ne se demande s’ils sont assez rémunérés. Mais il est vrai que la pénibilité est un sujet tabou. Et si on se plaint et qu’on s’énerve, on tire sur la foule avec des armes « moins létales ». Encore du cynisme : des armes qui tuent moins… Ce cauchemar est notre réalité.

Alors c’est chaud ! Grave ! Et il fait une chaleur oppressante, effrayante et inquiétante pour nos anciens et nos gamins. Essayons tout de même de trouver un peu de fraîcheur lors de nos vacances. Profitons de cette pause pour réfléchir à la suite à donner à ce scandale. Soyons calmes, rien ne sert de casser, nous n’avons pas les armes. Il suffit de se rappeler que lorsqu’il n’y a plus de règles, il ne faut plus jouer. Nous l’avons bien vu lors du confinement : quand nous ne travaillons plus et ne consommons plus, les oligarques s’inquiètent. Car nous n’avons que deux atouts : notre nombre et notre capacité à refuser. Refuser l’obstacle, refuser de continuer à faire tourner ce système mortifère… « La rentrée n’aura pas lieu » est un ouvrage de Stéphane Benhamou, il pourrait vous donner des idées. 12 Millions d’aoûtiens refusent de rentrer de vacances… Mince, pas de violence, pas de leaders, pas d’infos continues à diffuser. Rien, le silence, la paix et surtout l’arrêt de cette dictature digitale et oligarchique… On peut rêver. Bon courage pour ce mois d’août qui s’annonce comme le plus chaud de l’histoire. Et bonnes vacances, qu’elles durent jusqu’à ce que ce système s’arrête !!!