25 Mar So What, now ?
So What, petite association qui fait de grandes choses pour le jazz sans se prendre la tête, renouvelle le format de ses rencontres Jazz sous les Bigaradiers. Si les soirées de gala continuent d’égayer le mois de novembre, le festival déroule désormais une programmation mensuelle au parfum riche d’arômes, d’accent et de convivialité de notre région.
Fondée en 1996 par une bande de passionnés, l’association So What est basée à La Gaude. Son nom est un hommage direct au célèbre standard de Miles Davis, reflétant une philosophie de simplicité et d’ouverture. So What, c’est aussi un club de jazz « à l’ancienne », dans un caveau voûté doté d’un comptoir historique. Une fois par mois (généralement le dernier samedi), il organise des soirées gratuites où musiciens amateurs et professionnels se retrouvent pour des jam sessions épiques. La tradition veut que l’on y partage souvent une pissaladière ou des produits locaux pendant l’entracte. C’est ce mélange de gastronomie niçoise et de swing qui fait tout le sel de cette association.
So What, c’est par ailleurs une formation « maison », active toute l’année, composée d’Alex Benvenuto (clarinette basse), Laurent Lapchin (bugle, trompette), Jean-Marc Laugier (contrebasse), José Serafino (guitare). Cet ensemble qui porte haut les couleurs du jazz gaudois avec pas moins de sept albums au compteur, et a déjà tourné au Danemark, en Allemagne ou en Italie, sera prochainement en concert à La Trésorerie à Nice (8 avr) et à La Trinquette Jazz Club à Villefranche-sur-Mer (17 mai). Ses musiciens ont même écrit un roman policier, Et Alors, publié aux éditions Serre, dont l’intrigue parle de meurtres dans le milieu du jazz du Vieux-Nice !
So What, c’est, enfin, un état d’esprit où convivialité, bénévolat et gratuité (ou prix très doux) rendent la culture accessible à tous, une gazette mensuelle très appréciée, compilant l’actualité du jazz sur la Côte d’Azur, et bien sûr un festival à taille humaine qui fait partie du patrimoine – et dont le nom est un clin d’œil poétique au patrimoine de la Côte d’Azur : le bigaradier est l’oranger amer dont on utilise la fleur en parfumerie et l’écorce pour la confiture.
Le festival, c’est toute l’année !
Événement phare de l’association, Jazz sous les Bigaradiers est né en 1998 de la volonté de sortir le jazz des clubs fermés pour l’amener au cœur de la cité. Ce qui n’était au départ qu’une rencontre locale est devenu un rendez-vous incontournable pour les jazzmen de la région et d’ailleurs. La programmation mélange savamment têtes d’affiche (inter)nationales et talents locaux, autour de concerts, de conférences, de projections et d’expositions autour du thème du jazz.
Les festivités se déroulent principalement à La Gaude (salle de spectacles, église, rues du village), créant une atmosphère chaleureuse unique. Contrairement aux grosses cylindrées estivales, Jazz sous les Bigaradiers mise sur la proximité et reste « à taille humaine » : le public peut facilement discuter avec les artistes après le set, souvent autour d’un verre de vin de pays.
La nouveauté de la 29e édition, c’est une programmation à l’année au So What. Si le public a déjà pu profiter des concerts du Franck Taschini Trio et de l’Olivier Sama Trio, des ensembles régionaux continueront à se produire le dernier samedi du mois – Patrick Cascino Trio (28 mars), Dare Dare Trio (25 avr), JazzAccords Quartet (23 mai), Fred Vinot Quintet (27 juin), Akpé Motion (26 sep) – jusqu’au point d’orgue du festival, du 5 au 15 novembre 2026.
Pour se mettre un peu l’eau à la bouche, voici temps forts attendus : Céline Bonacina, nommée aux Victoires du Jazz en 2012 et 2024, récompensée Talent Jazz Adami en 2013 et lauréate du Tremplin Jazz à Vienne ; le pianiste Jean-Michel Pilc, installé entre New York et le Canada, accompagné notamment du batteur Thomas Galliano ; le brass band Sur la Bouche, qui a joué lors des festivals de jazz de Vauvert et du Pic Saint-Loup, et perpétue la tradition des guinguettes du début du siècle dernier ; ou encore une soirée hommage à Miles Davis – comment pouvait-il en être autrement ! – à l’occasion du centenaire de sa naissance…
Cette extension du festival est une victoire pour le jazz et la culture. Car si la Note Bleue fait rayonner la région, peu d’espaces lui sont réservés dans les grandes salles. Aussi, So What, La Cave Romagnan – Chez Manu, et La Trinquette Jazz Club constituent une sorte de trio magique où la convivialité, le vivre-ensemble et les traditions du Sud se conjuguent grâce au jazz.
Rens: assowhat.org, FB AssociationSoWhat
photo : Compagnie So What © Sophie Serafino