25 Juin Une canicule qui fait froid dans le dos
C’est l’été, que l’on accueille avec quelques inquiétudes, au vu des records de température déjà largement battus au printemps. Le harcèlement guerrier va faire une pause grâce à une Coupe du monde de la honte. Toujours la même méthode : la peur, la peur et puis… une petite fête. Mais cette fois, la fête est gâchée par le racisme américain : un arbitre, des entraîneurs et des supporters expulsés. En cela rien d’étonnant puisqu’en France aussi certains leaders politiques souhaiteraient en faire autant… Ajoutez à cela des places hors de prix et un pays étranger au football qui organise, avec le Canada et le Mexique, un tournoi dont les stades sont distants de plusieurs milliers de kilomètres. Merci pour l’impact carbone, et pour la fatigue des joueurs et du public.
Ici, nous fêtons un triste anniversaire, celui de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice, qui a vu 86 personnes perdre la vie et fait plus de 400 blessés graves, sans compter les milliers de traumatisés à vie et les blessés plus légers. Une ville entière s’est retrouvée sidérée et meurtrie. Ce 14 Juillet ne sera plus jamais comme avant. Quant aux esprits chagrins et racistes, qu’ils se rappellent que parmi les victimes, un nombre important de personnes originaires du Maghreb ont perdu la vie. Pour nous, ce fait devrait éteindre tout point de vue stigmatisant, car toutes les populations ont été touchées sans distinction d’origine, de religion ou d’idéologie.
Alors oui, c’est l’été, mais… Il y a depuis longtemps beaucoup trop de « mais » dans nos vies. On aimerait se reposer, mettre en pause les tueries mondiales et les crises. Mais nous n’avons pas la bonne télécommande. Et le flot ininterrompu des nouvelles continue de nous agresser : le prix des carburants baissera-t-il ? Pourrons-nous nous déplacer pour les vacances ? Certaines destinations subissent-elles des bombardements ? D’autres sont-elles devenues inaccessibles, vu la hausse du prix des billets d’avion liée aux coûts énergétiques, etc. ?
Alors profitons déjà des paysages de France et surtout de notre région. Ils sont tellement nombreux et différents qu’ils peuvent quelque peu étancher notre soif de découverte. Et puis il y aura tout de même des festivals. Espérons que certains élus ne les censurent pas au nom de leur idéologie. Profitons aussi de la nature tant que les incendies ou les changements climatiques ne l’ont pas encore détruite.
Essayons de calmer cette vibration permanente, ce battement qui nous stresse. « Il faut que tu respires« , chantait Mickey 3D… Car les vacances sont avant tout un moment où nous pouvons reprendre la maîtrise de nos agendas. C ‘est sans doute le plus important. Nous savons que les crétins belliqueux qui dirigent le monde ne prennent pas de vacances. Ils nous traitent d’assistés, mais finalement, à part nous exploiter, que font-ils ? Et si notre bonheur ne passait pas uniquement par la case « monnaie » ? Et si nous avions besoin de nature, d’amitié et d’amour ? Nous n’avons pas besoin d’eux pour cela…
D’ailleurs, un ouvrage qui me revient sans cesse à l’esprit me rappelle cette douce folie de l’arrêt de cette machine à abrutir, à dominer et à détruire que sont devenues nos sociétés : La rentrée n’aura pas lieu de Stéphane Benhamou. Imaginez : 12 millions d’aoûtiens partent en vacances mais ne veulent plus rentrer… Waouh, gros problème : plus personne ne veut travailler, plus personne ne consomme grand-chose, pas de leader, pas de violence, juste un grand NON !
Un jour peut-être, nous qui sommes qualifiés de gueux, de sans-dents, d’assistés, comprendrons-nous que la vie est ailleurs, loin des infos et des fake news, loin de cette société de l’immédiateté et de l’illibéralisme. Et que c’est notre faute si elle tourne, puisque nous la faisons vivre en travaillant et en consommant. S’arrêter, prendre du recul, poserait certainement un problème aux 1 % qui possèdent une large part des richesses. Car sans nous, ils ne sont rien. Il suffirait d’emprunter des chemins de traverse, de faire l’école buissonnière, de prendre congé d’eux…
Voilà ce que seraient de vraies vacances… On peut rêver. Mais comme disait l’autre : « Mieux vaut vivre ses rêves que rêver sa vie. » De quoi rafraîchir cet été que l’on nous promet déjà caniculaire…