14 Mai Free Palestine
Alors que les bateaux de la Global Sumud Flotilla tentent de forcer l’horizon vers Gaza, le Centre Culturel Embarqué jette l’ancre à Martigues, le 16 mai 2026. Au programme : une escale solidaire où l’art se fait porte-voix et le quai, tribune politique.
Il y a des retours qui n’en sont pas vraiment. L’équipage de L’Hétérotope, voilier du Centre Culturel Embarqué (CCE), est certes de retour dans les eaux provençales, mais son esprit, lui, bat toujours la mesure quelque part entre Syracuse et le littoral gazaoui. Parti de Marseille le 4 avril dernier dans le sillage des flottilles visant à briser le blocus israélien, le CCE ne revient pas les cales vides : il rapporte des récits, des dessins et l’urgence d’un témoignage.
Le 16 mai, jour de commémoration de la Nakba, le quai d’honneur de Martigues se transformera en une Criée culturelle d’un genre nouveau. Pas de poissons ici, mais une denrée plus rare : la parole brute des militants et l’imaginaire des artistes en résistance.
Un musée dans la cale
L’originalité du rendez-vous tient à son dispositif : le public est invité à monter à bord de L’Hétérotope. À l’intérieur, un Musée embarqué, mis en scène par Bertille Chevalier et Robin Feat, propose une immersion sonore et visuelle dans le quotidien de ceux qui ont choisi la mer pour contester l’enclavement de Gaza. On y croisera les traits d’Edmond Baudoin ou les clichés d’Olivier Baudoin, saisis au cœur du combat.
Scène ouverte et duplex suspendus
Mais l’événement se veut aussi un pont direct. Grâce à des duplex vidéo, le quai de Martigues dialoguera avec des acteurs culturels palestiniens – dont Abdel Fatah Abusrour – et, si la technique et la géopolitique le permettent, avec les soixante navires actuellement positionnés en Turquie.
Sur le pavé martégal, la solidarité prendra corps à travers les performances chorégraphiques de Marine Larat ou Baxi Ostrowsky, et les voix engagées de Cécile Hercule ou du groupe Abbal. Entre deux concerts, les témoignages de figures comme Raphaëlle Primet ou du médecin Baptiste André rappelleront que derrière l’esthétique de l’événement bat le cœur d’une lutte humanitaire et politique acharnée.
Des espaces de rencontres avec les associations et collectifs partenaires
L’Union Juive Française pour la Paix (représentée, entre autres, par Pierre Stamboul), l’Association France-Palestine Solidarité, l’Union Palestine Marseille (représentée, entre autres, par Ghazali Khous), les Collectifs Palestine de Martigues et d’Istres, la Global Sumud France (représentée, entre autres, par Florence Heskia), Rizoma, le Collectif de soutien aux flottilles du quartier de l’Estaque, Le Rallumeur d’étoiles, La Route du Zaatar, entre autres, seront présents.
À l’heure où la flottille s’approche des rivages de Gaza, cette Criée n’est pas qu’une fête ; c’est un signal de détresse inversé, envoyé depuis la terre ferme pour dire à ceux qui rament que le vent, ici aussi, continue de pousser.
16 mai 15h > minuit, quai d’honneur de l’Hôtel de Ville, Martigues. Entrée libre
photo : Emilien Urbac à bord de L’Hétérotope © Sarah Girard