Qui sont les premiers de cordée ?

Qui sont les premiers de cordée ? Aujourd’hui la question prend tout son sens. Qui sont-ils, ces chefs d’industries, restés bloqués sur les théories d’Adam Smith ? Ce cher et fameux écoulement vers le bas, dont plus personne n’a vu la couleur depuis 40 piges. Comme un film au cinéma, une belle histoire et beaucoup de trucages. Spiderman grimpant le long d’un building, sur BFM… pardon au cinéma, ça rend super bien ! Mais il existe une chose que l’on appelle “le making of”. La réalité quoi. Les gens qui bossent pour que tout soit parfait, pour que l’illusion, que l’on accepte, nous ravisse. Spiderman rampant au sol, c’est moins glamour qu’à la verticale dans le vide.

Nous y sommes dans le making of. La caméra vient de se mettre dans le bon sens. La réalité nous apparaît. Bien loin du storytelling médiatique, économique ou politique. Alors qui sont nos premiers de cordée ? Qui se charge de l’ascension en premier pour assurer les suivants ? Qui prend le risque d’assurer la sécurité des autres ? Qui protège ce que l’on ne peut transformer en chiffres (autrement qu’en nombre de décès) : l’être humain ?

Peut-être pas ceux qui se terrent dans leur blockhaus. Sûrement pas ceux qui se partagent les dividendes durant cette sombre période. À moins que ce soit les mécènes du moment qui égrainent leurs miettes par intérêt, par conviction, et peut-être, soyons fous, par cœur. Peut-être même que certains verront la lumière, comme John Belushi en écoutant le révérend James, et qu’enfin, à leur tour, ils remettent la caméra dans le bon sens.

Mais pour l’instant nos premiers de cordée sont : médecins, infirmières, infirmiers, aide-soignants, aide-soignantes, chercheurs, livreurs, postiers, éboueurs, tous ceux et celles qui ont tenu et tiennent encore ouverts avec courage les commerces de proximité, boulangeries, pâtisseries, boucheries, primeurs, fromagers, poissonniers, pharmacies, toutes les petites sociétés, restaurants et StartUp qui participent par l’aide de proximité, les livraisons aux hôpitaux gracieusement offertes, ou l’inventivité et les imprimantes 3D qui tournent à plein régime. Et bien sûr à tous ceux que j’oublie.

Merci à tous ces intermittents de la réalité qui font tout cela pour nous. Merci de faire en sorte que le film ne soit pas trop long et qu’il finisse bien. Parce que du côté des producteurs, je n’attends plus grand-chose…