La Culture est un test pour nos libertés !

La Culture est un test pour nos libertés !

Comme nous pouvons le constater avec évidence, les changements climatiques nous ont donné un printemps estival inquiétant qui laisse présager un été caniculaire. Cette surchauffe, amplifiée par la lente destruction des courants marins qui tempéraient le climat, entraîne la multiplication de certaines maladies. Les sondages du permafrost risquent de remettre en route des virus jusque-là congelés depuis la préhistoire. Quant à la déforestation, elle met l’humain en contact avec des animaux dont il récupère des pathologies encore inconnues… Chez nous, les moustiques continuent d’arriver et les maladies tropicales avec : chikungunya, dengue, zika… Et, pour « parfaire » ce tableau, la sécheresse qui, en plus de nous priver d’eau, fait craqueler les sols et endommageles bâtisses.

Ajouté à cela que les guerres continuent, menées par des incultes qui font n’importe quoi et tuent à tour de bras. Tandis que les médias jouent malheureusement le jeu et nous parlent surtout du prix de l’essence, oubliant le sort des peuples…

C’est déjà pas mal ! Mais voilà qu’en plus resurgit un traumatisme avec l’arrivée de’ l’hantavirus. Mauvais rêve ? Va-t-on recommencer les messages contradictoires, l’apparition de conspirationnistes qui vont polluer notre quotidien ? Tout ceci nous rappelle fortement le Moyen Âge et ses grandes peurs… On a beau nous parler des progrès technologiques, nous régressons de plus en plus. Albert Camus avait vu juste avec son ouvrage La Peste. Car il est étrange de voir comment ces épidémies correspondent au climat politique actuel : l’exclusion de l’autre, de l’étranger, mais aussi et surtout le repli sur soi…

Funeste période, anxiogène. Le prix de l’essence et la peur d’une nouvelle pandémie vont-ils être les nouveaux alibis pour restreindre nos libertés ? La Culture va-t-elle encore être mise au pilori, sacrifiée sur l’autel de la soi-disant sécurité au bénéfice de la Grande Distribution et des sociétés pétrolières ? Rappelons-nous que personne ne sait endiguer la prédation des profiteurs de guerre. En tête : les producteurs de pétrole. On se demande si le clown macabre et orange qui dirige les USA n’y trouve pas son intérêt, car après tout, il est à la tête de réserves de pétrole qui n’ont pas besoin de passer par le détroit d’Ormuz. Et puis l’économie de guerre fait marcher le commerce : il n’y a que les dirigeants belliqueux qui puissent fournir assez d’armes pour cette folie guerrière qui s’empare du monde. Quant au « tu paies et je te protège » que l’on nous inflige, cela commence vraiment à être intolérable. Un véritable racket planétaire qui, là aussi, rappelle le « servage », où le quidam donnait en gage sa liberté et celles des siens aux chevaliers pour être protégé.

Les peuples opprimés connaissent réellement la valeur de la liberté. Mais il semble que les peuples nantis ne s’en soucient guère, inconscients qu’ils sont du danger de ces nouveaux totalitarismes qui misent sur la privation générale et nous l’imposent en détruisant les services publics. C’est simple, on détruit tout ce qui est public et on refile les marchés au secteur privé, aux amis… Mais ce système ne peut fonctionner sans une oppression massive. Car les populations, voyant de moins en moins l’intérêt général défendu, ne comprennent plus pourquoi elles devraient faire nation. C’est là un paradoxe incroyable : les nationalistes et les suprématistes qui défendent soi-disant leurs pays sont en train de détruire le « vouloir-vivre commun », rendant les États ingouvernables. Alors ne reste que la force pour nous imposer cet état de fait.

Certains tentent des actions pour préserver certains pans de l’Humanité qui sont en train de subir de graves lésions, des tueries, des bombardements, etc. On a vu quel sort on leur réserve (page 31). Cette situation ressemble à une dystopie. Mais c’est notre réalité, masquée le plus souvent par une information orientée, alimentée par des fake news. À présent, c’est la Culture tout entière qui se voit annexée, mise sous cloche par une véritable OPA de Vincent « Bolloreich » qui détient CNews, Europe 1, 51 % de l’édition française, 30 % d’UGC (bientôt 100 %), les chaînes de distribution comme Cultura ou Relay (dans les aéroports et gares). Une véritable prise de contrôle qui met en danger la diversité, la liberté et la qualité des créations culturelles françaises.

Ainsi, l’éthique républicaine et la démocratie même semblent attaquées par une maladie dont les symptômes sont : l’égoïsme, la cupidité, la violence, l’intolérance et le mensonge. En fait, un système qui génère la peur, bloque les cerveaux et facilite les manipulations.

Alors tenir un journal culturel avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête devient stressant. Mais quelle importance, puisque « la Culture n’est pas essentielle ». En effet, la tendance n’est pas à l’échange, au partage, au questionnement, mais plutôt à la post-vérité imposée par la force. On s’entretue dans les quartiers. Il n’y a jamais eu autant de féminicides, la santé mentale de la population vacille, en particulier celle des jeunes. L’IA et les réseaux sociaux en sont d’ailleurs de bons catalyseurs. Tout ceci donne l’impression de dirigeants qui parent au plus pressé, sans aucune prévoyance et sans réaction face à la prédation totalitaire. Provoquant ainsi une méfiance et la désagrégation du groupe social.

Un illuminé avait qualifié l’attitude attentiste de ceux qui ne résistent pas : « Il y a les poissons rouges, les témoins permanents. Et les autruches qui mettent leurs têtes sous terre pour ne rien voir. » Il concluait que seuls les « petits colibris » feraient quelque chose. Mais il oubliait que, dans la légende, le petit colibri, voyant les animaux de la forêt fuir l’incendie et décidant d’aller, seul, amener sa goutte d’eau pour éteindre le feu, meurt brûlé… Alors il ne faut plus se tenir en repli, il faut prendre conscience de ce glissement effrayant qui renvoie notre pays à la période politique la plus sombre, mais en y rajoutant les dégâts causés par cette bêtise totalitaire, violente et climatosceptique qui, peu à peu, nous fera glisser vers l’effondrement.

Une seule solution : rester positif, s’unir et refuser, comme l’ont fait les 200 auteurs français et les 200 autres auteurs étrangers contre la destruction de Grasset, comme ces créateurs qui ont lancé une croisade pour la liberté au Festival de Cannes… La Culture est un test qui permet de d’évaluer l’état de nos libertés. À l’inverse des tests PCR, gageons qu’il reste positif, c’est notre liberté, c’est notre survie qui en dépend.