Réouverture cinétique

Réouverture cinétique

À Mouans-Sartoux, l’Espace de l’Art Concret rouvre ses portes demain, ce mercredi 3 juin. Prolongée jusqu’au 6 septembre, l’exposition de Francisco Sobrino, figure majeure de l’art cinétique, est de nouveau visible.

2020, l’Espace de l’Art Concret (eac.) a 30 ans. Pandémie mondiale, puis fermeture des locaux durant plus de deux mois… Une drôle de façon de souffler ses bougies pour ce lieu inauguré en 1990, et qui doit sa création à la conjonction de plusieurs volontés : celle de deux collectionneurs suisses avisés, Sybil Albers et Gottfried Honegger et celle du maire de Mouans-Sartoux de 1974 à 2015, André Aschieri qui a su saisir et défendre les enjeux d’un projet artistique et culturel lié à l’éducation du regard. Véritable aventure collective, l’eac. a fait le pari de placer l’art au cœur de la vie.

Stoppée courant mars, l’exposition de Francisco Sobrino reprend du service ce mercredi 3 juin pour se terminer le dimanche 6 septembre. Véritables pièges pour l’œil, les œuvres du peintre et sculpteur espagnol interrogent la complexité de la perception et plongent le spectateur dans une instabilité visuelle où images virtuelles et images réelles ne cessent de se confondre.

Nous avions chroniqué cette exposition dans notre n°325. Relisez l’article ci-dessous…

Francisco Sobrino (1932, Guadalajara, Espagne – 2014, Bernay, France) est l’un des représentants les plus importants de l’art cinétique, co-fondateur en 1961 du G.R.A.V (Groupe de recherche d’Art Visuel). L’expression “art cinétique” recoupe des pratiques très diverses, aussi bien des œuvres motorisées que des œuvres modifiées par l’intervention des spectateurs ou par celle d’éléments naturels. Elle inclut également toute œuvre qui a pour caractéristique de se mouvoir dans l’œil du spectateur au cours de son déplacement, sans que celle-ci soit en elle-même mobile. Dans les années 50, Francisco Sobrino explore la voie de l’abstraction géométrique, le vocabulaire formel est épuré, strictement géométrique. Les recherches esthétiques des années 50 visent à une distanciation formelle, et revendiquent le parti-pris de s’éloigner du caractère subjectif, sous-tendu par le désir d’une compréhension plus immédiate et directe pour les spectateurs. L’œuvre de Francisco Sobrino est manifeste de l’héritage des avants gardes historique. Dans ses recherches esthétiques, il explore les rythmes et les systèmes combinatoires, expérimente et répond aux questionnements fondamentaux liés aux années 60 : la perception, le mouvement et la lumière ; autant de formes allant vers une hybridation entre art et science, bref, un art immersif qui joue avec le regard du spectateur. De la bi-dimensionnalité, à l’immersion au cœur de l’œuvre, de fait, ces formes acquièrent rapidement du relief, elles s’ouvrent et deviennent participatives, parfois même pénétrables. Sont exposées des pièces monumentales telles que Structure permutationelle (cf. photos 1), ou bien encore la poétique sculpture Libre dans le vent de 1969.

Jusqu’au 6 septembre 2020, Espace de l’Art Concret, Mouans-Sartoux
(photos : vues de l’exposition © photo eac. © Adagp, Paris 2020)