Anthéa côté cour, côté jardin et côté rêves

Anthéa côté cour, côté jardin et côté rêves

Si la Covid est une tragédie, Anthéa vise plutôt la comédie. Place aux acteurs, aux acrobates, aux musiciens… au rire, à l’esprit et au rêve. La programmation 2020-2021, qui débute le 3 novembre, est ainsi à l’image de l’esprit de reconquête qui anime toute l’équipe du théâtre d’Antibes.

7 ans déjà ! le théâtre Anthéa fait tellement partie du paysage culturel qu’on n’imaginerait plus la région sans lui. Au cours de ces années, ce théâtre antibois est devenu l’un des plus réputés et courus de France. Un seul chiffre : l’an passé 13 600 abonnés s’étaient rassemblés. Un record !

7 ans, un chiffre qui se veut aussi magique que le théâtre lui-même. Un chiffre que l’on souhaite porte-bonheur pour contrecarrer les effets de l’’épidémie et son cortège d’annulations et reports. En route donc pour cette 8e saison, avec toutes les mesures sanitaires qui s’imposent, cela va de soi.

La recette du succès demeure la même avec un maître-mot : pluridisciplinarité. Du théâtre, certes, mais aussi du cirque, de l’opéra, de la danse, de la musique et parfois, sur un même spectacle, plusieurs disciplines en même temps.

Vous allez non seulement enfin voir certains spectacles déprogrammés, revoir des comédiens habitués du lieu et que vous aurez plaisir à retrouver, mais aussi découvrir des petits nouveaux. C’est-à-dire 60 spectacles, dont 14 produits ou coproduits par Anthéa. Vive la diversité et la création artistique !

Dame en noir, Prince et Molières

Qui ouvre alors cette saison pas comme les autres ? Rien moins que l’hénaurme Gérard Depardieu, qui reprend tout en délicatesse et en émotion son tour de chant spécial Barbara, renouvelé. Depardieu célèbre son amie, toujours accompagné par le pianiste fidèle de la dame en noir, Gérard Daguerre. Mais aussi Sami Bouajila, seul en scène, à l’affiche d’Un prince, sur un texte d’Émilie Frèche, auteure et scénariste engagée contre l’antisémitisme et le racisme.

Parmi les spectacles que vous aviez prévus de voir lors de la saison précédente, trois d’entre eux font heureusement leur retour : Disgraced d’Ayad Akthar (dramaturge américano-pakistanais, récompensé par le prix Pulitzer 2013), montée pour la première fois en France, avec Sami Bouajila et Alice Pol notamment, ou le regard sur l’Amérique et ses tensions ethniques, religieuses et politiques ; les putatifs adieux à la scène du caustique et brillant Gaspard Proust, ou encore le burlesque, poétique et impayable Monsieur Fraize.

La cérémonie des Molières 2020 s’est hélas déroulée sans public, mais vous, vous serez là pour admirer deux magnifiques lauréats : Niels Arestrup dans Rouge, qui vient de recevoir le “Molière du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé”. À noter, Edouard Baer y était nominé dans la même catégorie et il fait aussi partie de cette saison Anthéa ébouriffante ; Pierre Richard est aussi lauréat d’un Molière, celui du “seul en scène” pour Monsieur X, avec une mise en scène de Mathilda May, une musique d’Ibrahim Maalouf … soit un spec-
tacle sur-mesure, mais sans paroles !

Agrandir la famille

Certains fidèles d’Anthéa ont répondu présent comme Fabrice Lucchini, qui reprend son spectacle Des écrivains parlent d’argent. Autodérision, virtuosité oratoire, et rires garantis ! Comme le dit l’équipe d’Anthéa, à voir et à revoir. D’autres artistes nous font la surprise d’un nouveau spectacle : c’est le cas de Guillaume Gallienne et de son François d’Assise, revisité avec brio, de James Thierrée avec Room, qui mêle danse, musique et acrobaties, de Daniel Auteuil et son déjeuner en l’air, au cours duquel il chante (!), d’Imany avec Voodoo Cello, qui parle de la puissance féminine à travers des hits de pop, accompagnée par huit violoncellistes, de Michel Boujenah, Christophe Alévêque, Andrés Marín, Gad Elmaleh, François Berléand, Xavier Demaison

Pour entretenir “la machine à rêves“, selon Daniel Benoin, le directeur d’Anthéa, “d’autres noms viennent agrandir la famille” : comme le prince de l’improvisation Éric Métayer, digne fils d’Alex Métayer, qui fera vivre sous vos yeux sûrement ébahis, 32 personnages ! Ou encore Julie Depardieu, fille de…, qui livre en musique le portrait de la pianiste et muse Misia Sert, et Alain Souchon, En concert ici et là, avec son dernier album Bijou, Âmes Fifties, mais aussi ses chansons d’hier, car “la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie“… Sans oublier Mathieu Amalric, Bernard Campan, Isabelle Carré, Roschdy Zem, Michel Fau, Sylvie Testud, Eric Elmosnino… Décoiffant on vous dit !

Surprises à venir ?

Bien entendu, pluridisciplinarité rime aussi avec “pluri-abonnés” : enfants et adolescents pourront déguster en famille, selon leur âge, la dernière création des clowns russes de La famille Semianyki, fêter en slamant les 400 ans de la naissance de La Fontaine, se replonger dans le mythe de Dr Jekyll et Mister Hyde

Et comme annoncé par Daniel Benoin, “si l’évolution de la pandémie le permet, nous n’hésiterons pas à programmer quelques spectacles avant le début de la saison, le 3 novembre”. Il faut l’espérer, car on en redemande toujours. De même, rançon du succès, dès l’ouverture de l’abonnement, certains spectacles sont pris d’assaut et nécessitent des dates supplémentaires… Aller au théâtre ne reste-t-il pas l’une des meilleures répliques au virus ?

Rens : anthea-antibes.fr
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