Il était une fois un Prince

Il était une fois un Prince

Nouvelle création du théâtre Anthéa, Le Prince ou l’histoire d’un destin brisé par la grande Histoire, celle de l’Algérie et de la France, portée par un comédien magnifique, Sami Bouajila, qui a trouvé dans le texte de la romancière et scénariste Émilie Frèche les mots justes pour exprimer sa propre histoire de “fils de”…

Si j’ai décidé de m’aventurer dans ce récit en tant qu’interprète et coproducteur, c’est avant tout pour sa résonance avec mon histoire, mes doutes existentiels et parce qu’il me renvoie à l’une des préoccupations premières de nombreux comédiens, celle de mettre en jeu dans la fiction des expériences profondes, comme il en existe dans la vie, à travers des rôles qui ne sont pas des caricatures d’êtres humains.” Dixit Sami Bouajila, à propos du texte qu’il défendra seul en scène.

Émilie Frèche, femme de lettres engagée dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, auteure au parfum de scandale (Vivre ensemble), aborde dans ses romans autofictionnels les questions de l’identité, de la judéité, la difficulté des rapports familiaux et amoureux, la violence verbale. Avec Le Prince, elle livre les pensées et rêves d’un homme déraciné, dépossédé de tout, mais libre. Cette liberté que nul ne peut lui enlever, celle de rêver. Un homme qui poursuit une quête faite de poésie pour retrouver un paradis perdu où tout serait apaisé. “À travers ce prince, personnage au premier abord un peu naïf qui s’émerveille comme un enfant de la nature (…), j’ai voulu raconter l’histoire d’un père et d’un fils qu’il incarnera tour à tour, tous deux pris dans les filets de la grande Histoire. Celle de l’Algérie et de la France, de la décolonisation, de l’immigration, mais aussi de l’absurdité d’un système économique où le profit et la compétitivité sont les seules lois, aboutissant à ce que l’entreprise, qui fait venir le père en France dans les années 60, licencie le fils pour se délocaliser au Maghreb 50 ans plus tard. Et ce fils, dépossédé de tout, grand laissé pour compte d’un capitalisme sauvage, n’aura alors, pour ne pas devenir fou, que ce que son père lui a légué : sa poésie.” Un seul en scène créé le 3 novembre prochain à Antibes.

3 au 7 nov, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

(photo: Sami Bouajila © Francois Berthier)