En avant toute !

En avant toute !

Embarquement imminent à bord du sombre vaisseau le Nautilus, supervisé par le comédien Christian Hecq, qui a entrepris il y a 9 ans d’adapter et mettre en scène 20000 Lieues sous les mers.

Dans une version avec comédiens et marionnettes, ce roman culte de Jules Verne qui fit plonger en eaux profondes l’imagination de générations entières de lecteurs, du temps où ciné et télé n’avaient pas encore harponné nos cerveaux, prendra forme lors de trois escales à Draguignan, Toulon et Nice. Christian Hecq, 525e sociétaire de la Comédie-Française en 2013, initié à la manipulation chez Philippe Gentil, s’est entouré pour cela d’une troupe de comédiens au taquet qu’il a formés à la manipulation en vue de son projet, pour le moins hardi, d’une version théâtrale en milieu aquatique. La plasticienne Valérie Lesort, elle, a pensé et créé les déroutantes bestioles marines en mousse qui apparaissent sur scène… Méduses, bancs de poissons, poulpe géant, mérou, Zanclus Cornutus désopilant, évoluent dans le décor et les costumes imaginés par Éric Ruf, administrateur de la Comédie-Française.

Des personnages à part entière avec lesquels les comédiens « communiquent » comme ils joueraient avec de véritables personnes. Une sorte de crabe géant est même activé par 3 marionnettistes. Comment Hecq a fait ? Grâce à la bonne vieille méthode du théâtre noir – stratagème fondé sur un jeu d’éclairage permettant de rendre le manipulateur invisible sur scène. Autre ficelle : les comédiens-marionnettistes sont vêtus d’une combinaison noire, le « nounours », dotée d’une poche ventrale façon kangourou pour escamoter les marionnettes en douce. Ils évoluent en chaussons et sont cagoulés. On retrouve l’insondable et froid capitaine Nemo maître du Nautilus (Éric Verdin) qui retient prisonniers 3 naufragés : le docte professeur au Museum d’histoire naturelle de Paris, Pierre Aronnax (Éric Prat), flanqué de son dévoué domestique, Conseil (Laurent Natrella), lequel fait ami avec l’explosif harponneur canadien, Ned Land (Rodolphe Poulain).

Le spectacle ouvre dans un noir d’encre de seiche. Surgit le Nautilus. Démarre alors la jouissive et mirifique parade multicolore des poissons qu’on voit défiler par le grand hublot. Ils passent pour observer ces drôles de choses humaines qui les intriguent et en profitent pour se laisser reluquer comme des stars. Dans la salle, on se marre comme des gosses au milieu d’enfants qui éclatent de rire. Le tout commenté en off par Valérie Brune, et mis en musique par Dominique Bataille. Réservation conseillée, risque de bousculade sur l’embarcadère !

12 mars, Théâtre de l’Esplanade, Draguignan. Rens: theatresendracenie.com • 15 & 16 mars, Théâtre Liberté, Toulon. Rens: chateauvallon-liberte.fr • 20 au 23 mars, La Cuisine – Théâtre National de Nice. Rens: tnn.fr

photo : 20 000 Lieues sous les mers © F. Robin