La douceur de Kent

La douceur de Kent

S’il est bien quelque chose dont on a besoin en ce moment, c’est de douceur féminine. Avec 11 albums à son actif, gageons que Stacey Kent devrait nous en délivrer une jolie dose, le 14 mars à Toulon.

Dans un monde où le pire aspect de la masculinité est en train de se montrer sous son jour le plus moche, dans un monde où les positions patriarcales les plus archaïques reviennent en force alors qu’on les pensait définitivement enterrées, une expression artistique féminine remplie de sensibilité ne peut que faire du bien à notre âme. De même que la voix de Stacey Kent dans nos oreilles…

Bien que née dans le New Jersey, État considéré comme une banlieue de New York où se trouve le Van Gelder, l’un des studios les plus fameux de l’histoire du jazz, c’est par la littérature, et aussi du côté de l’Angleterre, que Stacey Kent fait ses études : à la Guildhall School of Music and Drama. Elle y rencontre son futur mari, Jim Tomlinson, saxophoniste pour Bryan Ferry, qui lui a donné très probablement le goût de développer son art par la voix plutôt que par ses écrits et de choisir la musique comme mode d’expression, plutôt que la littérature. Un judicieux conseil pour tous les fans qui désormais se pressent à chacun de ses concerts.

Car Stacey Kent, outre l’indéniable onctuosité de son chant, est à l’aise dans tous les registres, des standards aux comédies musicales (Let yourself go: Celebrating Fred Astaire), dans l’interprétation des incontournables Great American Songbook (In love Again: The Music of Richard Rodgers), dans la musique brésilienne (Brazilian Sketches) ou encore dans la chanson française (Raconte-moi, et sa belle reprise de Jardin d’Hiver). Notre pays accueille son talent avec la plus grande bienveillance depuis de nombreuses années ; elle parle d’ailleurs un Français parfait et a été décorée de l’Ordre des Arts et des Lettres. Inlassablement, le public se régale de sa douceur et ses interprétations. À Toulon, l’on pourra constater une fois de plus qu’avec Stacey Kent, on se trouve transporté dans une petite bulle de bien-être persistant qui décidément fait le plus grand bien.

14 mars, Théâtre Liberté, Toulon. Rens: chateauvallon-liberte.fr

photo : Stacey Kent © Benoît Peverelli