Biennale des Arts et de l’Océan, part. 1

Biennale des Arts et de l’Océan, part. 1


Onze expositions sont au programme de la Biennale des Arts et de l’Océan – La mer autour de nous, qui débutera officiellement en mai. Pourtant, quelques-unes d’entre elles s’ouvriront dès le mois d’avril, comme autant de « mises en bouche » qui devraient susciter les premières réflexions sur la préservation des ressources naturelles de l’Océan. 

Si la capitale azuréenne a choisi de dédier sa Biennale des Arts 2025 à la mer, c’est bien entendu pour coller au calendrier international qui verra la 3e conférence des Nations Unies pour l’Océan (UNOC) se tenir à Nice en juin prochain. L’idée étant, par l’intermédiaire d’expositions, d’un parcours d’art dans la ville, ou encore de conférences proposées dans le cadre d’une Université de l’Océan, de contribuer à éveiller les consciences du grand public, car l’avenir de l’océan dépend de nous. Pour ce « tour de chauffe », les premières expositions concerneront essentiellement le patrimoine historique et naturel, tandis que l’art contemporain apportera son éclairage sur le sujet avec deux expositions, l’une dystopique, l’autre pleine d’humour et d’insolence, mais dans un même objectif : faire réfléchir aux conséquences de nos actes sur la préservation des océans.

Nice, du rivage à la mer, dont le commissariat est assuré par Jean-Jacques Aillagon, a pour objet de présenter au public les relations que Nice a entretenues tout au long de son histoire — et entretient encore — avec la mer Méditerranée, tant sur le plan matériel que spirituel. Ces relations sont évoquées à partir de différentes approches qui se traduisent par un parcours de salles en 7 étapes, au cœur de la Villa Masséna. Nice est au cœur de la Méditerranée et de ses enjeux, qui ne sont pas sans rappeler ceux soulevés par le poète Paul Valéry en son temps : « Il est à souhaiter, pour la gloire de Nice et de la Nation, que notre Centre se manifeste et s’impose, quelque jour, comme le lieu d’élaboration d’une connaissance méditerranéenne, le point où se forme une conscience de plus en plus nette et complète de la fonction de cette mer privilégiée dans le développement des idéaux et des ressources de l’homme. L’ordre, en toute matière, est né sur ses bords. Notre époque excessive gagnerait à ne pas l’oublier.« 

3 avr au 21 sep, Villa Masséna

Des hommes préhistoriques à la plage, présentée au Musée de Préhistoire Terra Amata, permettra de s’immerger dans le passé, il y a 400 000 ans, et, de découvrir les relations intimes que la population du site de Terra Amata entretenait avec les mers et les océans. À travers divers exemples, on pourra comprendre la manière dont les hommes et les femmes préhistoriques utilisaient les ressources marines pour leur survie et leur développement. Car la mer n’est pas seulement une vaste source de nourriture, mais aussi un lieu d’échange et d’inspiration.

25 avr au 8 sep, Musée de Préhistoire de Terra Amata

Quand la mer nous parle, au Musée Archéologique de Nice-Cimiez, porte quant à elle sur l’archéologie sous-marine et les méthodes et enjeux de préservation, mettant en lumière un patrimoine sous-marin exceptionnel, allant des épaves antiques de la Côte d’Azur jusqu’aux vestiges contemporains d’un ancien casino aujourd’hui disparu.

30 avr au 26 sep, Musée Archéologique de Nice-Cimiez 

Mers et Mystères. À l’occasion de l’UNOC 2025, le Musée de la Photographie Charles Nègre accueille une exposition consacrée au photographe Laurent Ballesta afin de partager sa vision esthétique et poétique d’un univers dangereusement menacé. Ce photographe naturaliste, multi-primé sur la scène internationale, a fondé avec Pierre Descamp l’association L’Œil d’Andromède ayant pour but de concilier l’étude océanologique et la valorisation artistique du milieu marin, qui aboutira à la création d’une société, Andromède Océanologie. Il a dirigé 8 expéditions Gombessa qui ont donné lieu à des productions pour la télévision française et internationale, notamment pour la chaine ARTE et National Geographic. En 2016, lors de l’expédition Gombessa III en Terre Adélie, il dévoile la faune marine et des jardins profonds luxuriants d’Antarctique, jamais plongés ni illustrés auparavant. La sélection de ses œuvres a été dictée par l’envie de faire vivre une expérience au visiteur, les clichés explorant les rapports à l’esthétique, aux formes, aux mouvements, au sensoriel. 

5 avr au 28 sep, Musée de la Photographie Charles Nègre 

La quadrature du cercle est la première des deux expositions d’art contemporain lancée en avril. Dans son atelier aux allures de laboratoire, à la Station, Anne-Laure Wuillai conserve des fragments de Méditerranée qu’elle a prélevés. « J’aime questionner nos manières d’habiter le monde, les normes que nous produisons pour tout mettre à notre échelle« . Elle force le trait de la classification jusqu’à l’absurde, pour mieux interroger nos façons d’appréhender notre environnement. Si dans sa série des Hyper-conditionnements, elle remplit à ras bord un caddie de poches d’eau de mer, dans sa série Les artificiels, elle crée du mobilier mettant en mouvement des vagues bleu flashy, renvoyant aux images clichés qu’on se fait de la couleur de l’eau. Elle imagine des boules à neige où dansent des déchets plastiques retrouvés sur le littoral, ou des cartes postales gorgées d’eau, comme des souvenirs emportés… mais pour combien de temps ? 

26 avr au 22 sep, Palais Lascaris 

Les Particules, le conte humain d’une eau qui meurt. L’Océan assimile 8 millions de tonnes de matière plastique par an, dont 99% se décomposent en particules inférieures à 5 millimètres, échappant ainsi à toute récupération et qui étouffe la vie sous-marine. Avec Les Particules, Manon Lanjouère se propose de plonger le spectateur dans un abîme de réflexion, en offrant une nouvelle forme au monde détruit de demain : les déchets plastiques deviennent la nouvelle forme représentative du plancton, organismes fragiles mais essentiels, premier fournisseur d’oxygène de la Terre. Grâce à cette sorte de « prophétie apocalyptique », Manon Lanjouère espère que l’imagination du public excitera son désir de transformation de la société pour que cesse cette destruction due à l’humain. 

26 avr au 7 sep, Galerie du Musée de la photographie Charles Nègre

INFOS PRATIQUES
Biennale des Arts et de l’Océan – La mer autour de nous, mai à oct 2025, lieux divers, Nice Rens: anneedelamer.nice.fr
Conférence des Nations Unies sur l’Océan, 9 au 13 juin, lieux divers, Nice. Rens: unocnice2025.org

photo : image de synthèse du Site de Terra Amata © IMICA