Edgar Moreau a régalé Toulon

Edgar Moreau a régalé Toulon

Edgar Moreau, violoncelliste, au Palais Neptune, dans un concert merveilleux organisé par Jérôme Brunetière, directeur de l’Opéra de Toulon, c’était le 16 avril dernier. Nous y étions.

Quel bonheur, ce concert ! Un orchestre fourni et talentueux. Un soliste merveilleux, donnant de telles couleurs à son violoncelle que ce fut un véritable enchantement. Une soirée hypnotique ! Et un chef qui dirigeait avec élégance et émotion, accordant à chaque musicien une attention toute particulière.

Edgar Moreau, lauréat des concours Rostropovitch 2009, Tchaïkovski 2011 et Young Concert Artists 2014, est un violoncelliste d’exception. Déjà venu jouer à Toulon voici une dizaine d’années, il avait alors interprété le Concerto pour violoncelle de Dvořák avec l’orchestre du Teatro Regio de Turin… à l’âge de 11 ans ! Depuis, il se produit dans les plus prestigieuses salles du monde — l’Opéra de Toulon y compris. Ce soir-là, c’est dans l’auditorium comble du Palais Neptune qu’il a régalé.

Avec son violoncelle David Tecchler de 1711 et un archet signé Dominique Peccatte, Edgar Moreau a joué sous la direction des plus grands : Gustavo Dudamel, Valery Gergiev, Myung-Whun Chung, Alain Altinoglu, Charles Dutoit, Nathalie Stutzmann… Il partage également la scène avec des artistes de renom : Martha Argerich, Yo-Yo Ma, Renaud Capuçon, Khatia Buniatishvili, et feu Nicholas Angelich. La musique de chambre tient une place privilégiée dans sa carrière.

Le chef d’orchestre de ce grand moment musical, grand et élégant, encourageait avec grâce ses musiciens, battant la mesure d’ailes de géant… Tel un albatros bienveillant tourné vers chacun. Modestas Pitrènas, chef lituanien de renommée internationale, figure parmi les plus prestigieux de sa génération. Il a dirigé de nombreux orchestres, enregistré plus d’une dizaine de CD et a reçu en 2012 le Prix national des Arts et de la Culture lituaniens.

Une forêt d’archets s’élevait parfois, ajoutant encore à la poésie de cette soirée enchanteresse. L’orchestre, savamment étoffé, fut galvanisé par l’intensité du jeu du prodigieux violoncelliste. N’oublions pas que tous ont porté aux nues les œuvres de deux compositeurs phares du XIXe siècle : Dvořák et Brahms, l’un tchèque, l’autre allemand. Le Concerto pour violoncelle n° 2 en si mineur, Op. 104 d’Anton Dvořák a littéralement captivé l’auditoire. Tandis que L’Ouverture pour une fête académique, Op. 80, et la Symphonie n° 3 en fa majeur, Op. 90 de Brahms, ont prolongé le bonheur musical de la soirée.

photo : Edgar Moreau salue Laurence Monti, super soliste violon de l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon, et Benoît Salmon, premier violon solo © Claudie Kibler Andreotti