Un photographe touché par la Grâce

Un photographe touché par la Grâce

Les rétrospectives ont ceci d’appréciable qu’elles permettent aux visiteurs de (re)découvrir un artiste en observant son évolution. Celle du photographe français Gérard Uféras, La Grâce et le Feu, présentée à la Villa Tamaris de La Seyne-sur-Mer, ne fait pas exception.

Vous y trouverez plus de 250 tirages sur plus de 1 000 m², retraçant la carrière de Gérard Uféras, né en 1954, qui a découvert la photographie à l’âge de 8 ans et s’y est jeté à corps perdu dès l’âge de 11 ans, après avoir exploré les musées parisiens avec deux amis.

Influencé par Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson ou encore André Kertész, il entame en 1984 une collaboration régulière avec le journal Libération, pour lequel il réalise de nombreux reportages. Mélomane, passionné de théâtre et d’opéra, il travaille en parallèle sur des projets au long cours qui aboutissent à des livres et expositions, comme Un fantôme à l’Opéra, consacré aux plus grandes scènes lyriques d’Europe, ou Un pas vers les étoiles, sur le ballet de l’Opéra national de Paris.

Invité en 2011 par Moscou, le théâtre Bolchoï lui avait donné carte blanche – comme à Sarah Moon et Peter Lindbergh – pour immortaliser sa réouverture après six ans de travaux. Nommé en 2023 chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, Gérard Uféras déploie une photographie d’une composition formelle rigoureuse, éminemment sensible et pétrie de culture. Son regard, empreint de générosité complice, évite toute moquerie ou cynisme.

Au sujet du travail de son ami Gérard Uféras, le grand Willy Ronis avait écrit « On voudrait employer un mot très fort, mais on n’ose pas, alors on dit qu’on est devant le grand mystère qui se nomme la Grâce« . Voilà de quoi vous inciter à aller voir cette riche rétrospective.

Jusqu’au 27 avr, Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer. Rens: villatamaris.fr

photo : Exposition Amour, Louvre-Lens, janvier 2019 © Gérard Uféras