Jazz en peine

Jazz en peine

Un des meilleurs contrebassistes du Jazz du Sud, mais aussi plus qu’un ami, un petit frère, Marc Peillon vient de nous quitter.

Il était aussi un pionnier qui avait appris à nombre de jeunes musiciens à affronter la réalité professionnelle en se gérant eux-mêmes. Marc était la générosité même, la sagesse aussi, avec une certaine zénitude philosophique et un speed qui lui donnait la force de soulever des montagnes. Musiciens, producteur, programmateur, il avait créé plusieurs festivals (Saint Jazz Cap Ferrat et Jazz Entrevoux, Cap Jazz à Cap d’Ail) et programmait certains clubs, aidant ainsi nombre de musiciens à être diffusés. Il était aussi directeur adjoint du conservatoire intercommunal du SIVOM de Villefranche-sur-Mer et professeur de basse et de contrebasse au Conservatoire d’Antibes. Après Éric Alberti, c’est un deuxième petit frère qui nous quitte et laisse le jazz orphelin. Moi-même et toute l’équipe de La Strada adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, mais aussi à Philippe Déjardin qui collabora à toutes les dernières expériences de programmation de Marc Peillon.

Ce dernier nous le raconte en ces mots : « Marc a commencé à 18 ans par parcourir la France en jouant dans les bals avec l’orchestre de Jean-Claude Lauran. Mais l’appel du jazz lui est venu après neuf années sur les routes à apprendre le métier et pour donner toute son expression à son instrument de prédilection, la contrebasse ! Il suit les cours du CNR et remporte la médaille d’Or “Basse Jazz” avant de continuer à l’Institut Musical de Formation Professionnelle de Salon-de-Provence où il suivra le cursus d’arrangement musical d’Yvan Jullien. Titulaire du D.E.M, il était le directeur adjoint du conservatoire intercommunal de Beaulieu-Villefranche où il enseignait également tout comme jusqu’à l’année dernière au conservatoire de musique d’Antibes.

L’envie de partager sa passion du jazz de manière conviviale, de faire découvrir cette musique qui le pénétrait tellement l’avait conduit, il y a 25 ans à rentrer dans l’organisation de festivals. Son dernier bébé, c’était ce concours de chant pour les jeunes de 8 à 25 ans de la région avec Christina Collier et Carolyne Shallow pour lequel il avait décroché le parrainage d’André Manoukian. Le monde de la musique et du jazz a perdu un de ses meilleurs défenseurs dans la région, les musiciens locaux leur plus ardent défenseur, meilleur partenaire, leur complice. Beaucoup d’artistes internationaux boudés par les plus grands festivals pleurent leur meilleur avocat, sans oublier les élèves, un pédagogue hors pair.

Il était surtout connu comme musicien et un sideman que beaucoup d’artistes demandaient. Il a joué, depuis plus de 30 ans, avec des artistes de renommée internationale comme Georges Benson, David Sandborn, Stéphane Belmondo, Stéfano Di Battista, Richard Galliano, Tony Petruciani…

Je viens de retrouver une vidéo, réalisée dans les conditions du direct avec mon smartphone. Il s’agit d’un concert avec Marc Peillon (contrebasse) et Eric Alberti (piano) — aujourd’hui réunis au paradis des musiciens — au Kosma, ce lieu où nous avons lancé le jazz (jeudi) avec le formidable soutien du couple Philippe Lajaunie & Majda Jabb en 2016. Ce concert s’est déroulé le 10 novembre 2016 en compagnie de Jean-Luc Foukyo Danna (batterie). Ce trio s’appelait The Stones Bananas !! Mes plus affectueuses pensées aux familles Alberti et Peillon. »

Pour cette vidéo qui me rappelle ces deux amis, mes petits frères, que Philippe Dejardin soit mille fois remercié.

(Photo illustration : Marc Peillon © Pascal Kober)