Entre mémoire, rivage et responsabilité

Entre mémoire, rivage et responsabilité

Au musée Masséna, l’exposition Nice, du rivage à la mer propose un voyage en sept étapes à travers la longue et complexe histoire qui lie la ville à la Méditerranée. Alors que s’est tenue, début juin, la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, cette plongée dans le passé éclaire les enjeux contemporains d’un rapport ancestral à la mer.

Nice n’a jamais été indifférente à la Méditerranée Bien au contraire. Tantôt redoutée pour ses tempêtes et ses menaces venues du large, tantôt sublimée comme horizon des plaisirs, du commerce, des savoirs ou des idéaux, la mer a toujours accompagné les métamorphoses de la ville. De la Nikaïa grecque à la station balnéaire mondaine de la Belle Époque, en passant par les rivalités navales et l’aménagement tardif de son port, Nice a entretenu avec son rivage une relation ambivalente, tour à tour prudente, conquérante ou rêveuse.

Placée sous le commissariat de Jean-Jacques Aillagon, l’exposition revient d’abord sur les racines méditerranéennes de la cité, depuis son lien avec Marseille la phocéenne jusqu’à sa place au sein de l’Empire romain, sous le nom de Cemenelum. Elle explore ensuite le rôle de la ville dans les circulations religieuses méditerranéennes — de la légende de sainte Réparate à l’accueil de communautés juives et musulmanes — avant d’aborder la Méditerranée comme espace de dangers et de conflits, entre pirates barbaresques et puissances chrétiennes.

Mais la mer est aussi un terrain de savoir. Au XIXe siècle, Nice devient un centre d’observation naturaliste, porté par des figures comme Antoine Risso et Jean-Baptiste Vérany, dont les travaux, toujours conservés au Muséum d’Histoire naturelle, alimentent encore aujourd’hui la recherche sur les écosystèmes marins. À la même époque, la façade maritime niçoise se réinvente : promenade des Anglais, bains de mer, villégiature aristocratique… La ville se rêve en vitrine de la douceur méditerranéenne.

Enfin, l’exposition interroge le présent : changement climatique, montée des eaux, pollution… Nice est aujourd’hui confrontée à une mer menacée, qui exige une conscience redoublée et des politiques ambitieuses. Le vœu formulé en 1933 par Paul Valéry sur la Promenade des Anglais, lors de la création du Centre Universitaire Méditerranéen — faire de Nice un lieu d’élaboration d’une « connaissance méditerranéenne » — trouve ainsi une résonance nouvelle.

Jusqu’au 21 sep, Musée Masséna, Nice. Rens: anneedelamer.nice.fr

photo: vue de l’exposition Nice, du rivage à la Mer © Ville de Nice