Africa Pop

Africa Pop

Alors que les frontières de l’art contemporain ne cessent de se redessiner, voici que l’exposition Africa Pop, présentée actuellement au Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky à Nice, ouvre une brèche lumineuse entre mémoire populaire, création textile et esthétique du quotidien.

L’art naïf se définit essentiellement par sa simplicité visuelle, ses formes épurées et ses couleurs en aplats pour dire le monde du visible quand il s’entrelace aux désirs et aux rêves. Voici que, dans son musée, il rencontre l’Afrique avec son rythme, sa spiritualité, sa matérialité et son humour pour composer un vaste poème visuel où les tissus Wax deviennent langage, manifeste et vibration collective. Construit comme un immense imagier vivant, le parcours entraîne notre regard du jardin aux salles d’exposition jusqu’à l’ancien appartement des conservateurs, comme pour brouiller les notions d’espace et toute idée de hiérarchie. De même, le continent africain se heurte-t-il ici à l’art occidental quand il fait écho au Pop Art dans une même floraison de couleurs pour dire le quotidien, la consommation et la culture de masse.

Entre art et artisanat, une Afrique créative, plurielle et résolument contemporaine se déploie parmi des créations anonymes où le Wax est ce tissu traditionnel importé d’Europe depuis plus de 130 ans sur les marchés africains. Il raconte une histoire multiple et bariolée, faite de transistors, de téléphones ou d’accordéons comme autant d’énigmes contemporaines parmi des motifs décoratifs.

Là où le Pop Art occidental cultivait l’ironie, Africa Pop privilégie la transmission et le dialogue. Les motifs textiles racontent les mutations sociales, la musique, le sport ou encore les nouvelles mythologies modernes du continent. Cette exposition nous transporte surtout dans un joyeux voyage parmi des tissus, mais aussi des matières recyclées, des vêtements, des sculptures, ou encore des installations indéterminées, où la vie et l’humour triomphent parmi des bribes de récits mêlées à une jungle de couleurs fauves. On s’y promène comme dans un marché ouvert et, ici, l’art s’ouvre à tous : on flâne, on rit, on s’étonne. On voyage sur des patins à roulettes plutôt que sur des tapis volants et cet art-là prend alors un parfum de liberté.

Jusqu’au 18 oct, Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky, Nice. Rens: nice.fr

photo : L’herbier vivant © DR