20 Mai Déantibulations : 20 ans de bonheur partagé
Du 5 au 7 juin, les Déantibulations célèbrent 20 ans d’arts de rue à Antibes-Juan-les-Pins. Entre cirque, théâtre visuel, danse, fanfares et marionnettes géantes, 20 compagnies investiront la ville pour transformer places et ruelles en terrain de jeu poétique et festif.
Les Déantibulations se sont forgées sur l’humour, la volonté, la joie de voir des sourires se dessiner, des visages s’illuminer, des yeux pétiller. Un pari un peu fou, né il y a une vingtaine d’années, dans un monde pas tout à fait semblable à celui d’aujourd’hui. Pourtant, s’il a dû faire face aux évolutions en tout genre, l’esprit originel de ce festival persiste. Il flotte un air précieux de liberté puisqu’il suffit de se laisser porter par la curiosité ou l’envie : pas de ticket d’entrée, pas de place imposée. On aime la poésie qui surgit au détour d’une rue, on se laisse surprendre par des prouesses inattendues. La ville se pare de couleurs inhabituelles et s’anime d’une nouvelle musique.
Vingt ans donc que les saltimbanques envahissent les rues antiboises pour le bonheur des habitants, des touristes et de tous ceux qui accourent pour ne pas manquer ce moment unique sur la côte azuréenne. Vingt ans, ça se fête bien sûr ! Alors cette nouvelle édition ne débutera pas tout à fait comme les autres puisque les bénévoles de l’Association Culture Loisirs Antibes, menée par Olivier Riouffe (voir La Strada n°387), ont décidé de lancer les festivités autour d’un moment de convivialité, en partageant une soupe au pistou, en compagnie de la Fanfoire du Centre Régional des Arts du Cirque Piste d’Azur.
3 jours, 9 lieux, 20 compagnies
Plusieurs nouveautés voient également le jour avec des animations organisées à la Médiathèque Albert Camus, dont le show de percussions corporelles de la Cie Duo Kor, et un élargissement de la zone festive qui débordera, le dimanche, sur Juan-les-Pins : l’occasion de profiter de la batucada Pangea, ou encore des marionnettes géantes de la Cie Archibald Caramantran. En l’espace de trois jours, 20 compagnies vont investir 9 lieux pour assurer plus d’une trentaine de représentations.
L’Esplanade du Pré des pêcheurs reste le lieu privilégié pour installer les grandes structures qui permettent aux circassiens de se livrer aux figures les plus improbables, celles qui nous font frissonner, nous exclamer et parfois même rêver. À l’instar de la Cie Lady Cocktail et leur bien nommé spectacle De la mort qui tue, ou de la Cie Les Josianes avec Les Josianes ou l’Art de la résistance ! Ces aventuriers du XXIe siècle osent s’élancer dans le vide, voler, rebondir. Derrière leur fantaisie, ils nous donnent une leçon de vie : avoir confiance, en soi, en sa possibilité de se dépasser, de réaliser l’impossible, mais aussi avoir foi en l’autre, en sa capacité à nous rattraper, à nous faire rebondir, à nous guider ou à nous soutenir.
Les arts de rue offrent des possibilités infinies d’exploration et d’invention. Il suffit parfois d’objets simples pour permettre à ces artistes d’inventer des univers féériques, avec ou sans mots, tandis que derrière chaque spectacle se dissimule une ligne de pensée mûrement réfléchie : comme cette Drôle d’impression que devrait laisser au public le duo de théâtre visuel Dédale de clown. On se laisse aussi emporter par la faculté des chorégraphes invités, capables de mettre les corps en mouvement, comme si tout était simple et naturel, en s’adaptant à tous les lieux, à tous les espaces, alors que chaque geste répond à une écriture précise : Lisie Philips et sa Cie Antipodes rendront par exemple hommage au geste créateur de l’artiste Arman, tandis que le Collectif Evolve dansera une ode au vivre ensemble dans Je suis.
Plus que jamais, nous avons besoin de nous laisser émerveiller pour fuir le carcan du quotidien, croire en d’autres possibles et peut-être, surtout, en l’impossible.
5 au 7 juin, Antibes-Juan-les-Pins. Rens : deantibulations.com
photo : De la mort qui tue – Cie Lady Cocktail ©Franck Boutonnet – Smoy Photography