Festival du Livre de Nice : transmettre, encore et toujours

Festival du Livre de Nice : transmettre, encore et toujours

Du 29 au 31 mai, le Festival du Livre de Nice ne fête pas seulement son 30e anniversaire, il célèbre aussi le lien social et La transmission. Car transmettre, c’est offrir un peu de soi, une part de son histoire commune. Pour cette édition historique, le Jardin Albert Ier se transforme en une agora avec pour président d’honneur l’écrivain et membre de l’Académie française, Antoine Compagnon.

La transmission, c’est aussi donner envie de lire. Le 17 avril dernier, le Centre national du livre a dévoilé les résultats de son étude Les jeunes Français et la lecture, qui rappelle la fragilité de nos héritages culturels. Les 7-19 ans ne consacrent plus que 18 min par jour aux livres, contre 3h01 à leurs écrans. Il y a donc urgence à faire revenir la génération scrolling vers le temps long du récit.

Prix Nice Baie des Anges

Le Festival du Livre de Nice, c’est aussi le Prix Baie des Anges, attribué cette année à Alexia Stresi pour Grand Prince, paru chez Flammarion. Un ouvrage qui entre en parfaite résonance avec le thème de la transmission. À travers le portrait de Simone, 85 ans, l’autrice rappelle que l’héritage le plus précieux est peut-être celui que l’on se construit soi-même : le droit de recommencer à n’importe quel âge. Elle sera bien sûr présente tout au long du festival pour des rencontres et des dédicaces.

200 auteurs attendus

Soulignons d’ailleurs que le plateau de cette 30e édition est particulièrement riche. Pas moins de 200 auteurs viendront à la rencontre du public. Parmi eux, avec Tenez bon, l’académicien Pierre Assouline livrera un message d’espoir en montrant comment la lecture aide à traverser les épreuves de la vie. Nous voyagerons aussi avec Christophe Ono-dit-Biot et son Odyssée de l’Odyssée, invitation lumineuse à relire Homère. La toujours pertinente Delphine de Vigan pointe l’emprise du smartphone à travers son nouveau roman Je suis Romane Monnier, tandis qu’Éric-Emmanuel Schmitt présentera l’intime Juste après Dieu, il y a Papa. Sans oublier Virginie Grimaldi, qui caracole en tête des ventes et dont le dernier roman, D’autres printemps, pourrait bien devenir le compagnon idéal des lectures estivales sur les galets de la Promenade des Anglais.

Transmettre dès le plus jeune âge

Parce que lire, c’est s’ouvrir au monde, le festival accorde également une large place aux jeunes lecteurs. On y retrouvera l’indémodable Susie Morgenstern qui signe, avec Graines de folie, un album tendre sur la patience et les liens que l’on cultive comme on fait pousser une fleur. Les adolescents pourront compter sur la présence de Cassandra O’Donnell qui explore avec justesse les premiers émois et les secrets du lycée dans Journal d’un crush.

La BD en pleine forme

Et les bulles dans tout ça ? Impossible de passer à côté. Les chiffres du CNL publiés en avril dernier confirment d’ailleurs que la bande dessinée est le genre préféré de 3 jeunes sur 4. Christophe Cazenove, pilier de l’événement, sera fidèle au poste pour dynamiter l’Olympe avec Les Petits Mythos. À ses côtés, Patrick Sobral ravivera la flamme des Légendaires, cette saga culte où des héros redevenus enfants doivent sauver un monde en ruine. Les puristes retrouveront également Peter Van Dongen, qui redonne du lustre à Blake et Mortimer avec La Menace atlante, et prouve, une fois encore, que les classiques résistent au Temps.

Une parenthèse scénique

Au-delà du Jardin Albert Ier, la Cie du Dire-Dire offrira une parenthèse émouvante au Théâtre Francis-Gag. Le samedi 30 mai à 18h, le public est invité à découvrir Se faire virer, une lecture musicale poignante de Manon Delatre. Le texte plonge dans l’impasse vécue par une projectionniste de cinéma d’art et d’essai qui fait tout pour se faire licencier. Sophie de Montgolfier donne corps à cette écriture brute, accompagnée par la musique ardente de Jean-Louis Ruf Costanzo. Ce « western social » se révèle avant tout une ode à la solidarité humaine et au courage de se reconstruire. Le metteur en scène Jonathan Gensburger – que nous avons rencontré pour son travail sur Prom_14, spectacle autour du procès l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice – y dissèque la mécanique du burn-out et la quête de liberté. Un rendez-vous gratuit, dans la limite des places disponibles.

Ce 30e anniversaire n’est décidément pas qu’une célébration du passé, mais un élan vers l’avenir. Le Festival du Livre de Nice réaffirme que la transmission demeure l’un de nos plus beaux actes de résistance. Une édition essentielle pour rappeler que, tant qu’il y aura des livres à partager, le dialogue ne sera jamais rompu.

29 au 31 mai, Jardin Albert 1er, Nice. Rens: lefestivaldulivredenice.com

photo : stands Festival du Livre de Nice © Ville de Nice