Léger, le rythme du monde

Léger, le rythme du monde

À Biot, le musée Fernand Léger ressuscite La Création du monde, ballet mythique de 1923 où peinture, jazz et poésie fusionnaient dans un souffle de modernité radicale.

En 1923, les murs du Théâtre des Champs-Élysées tremblaient : les Ballets suédois y lançaient La Création du monde. Un siècle plus tard, l’été 2026 célèbre cet instant de grâce où Fernand Léger, sortant du cadre, imaginait des décors et des costumes géométriques pour habiller le chaos originel. Inspiré par les cosmogonies africaines racontées par Blaise Cendrars, le peintre se jette dans l’aventure avec une ferveur inédite. Sur les rythmes syncopés de Darius Milhaud, ses formes mécaniques prennent vie, portées par le danseur Jean Börlin. 

L’exposition biotoise Léger et la création du monde. Un ballet d’avant garde dévoile aujourd’hui le moteur de cette machinerie poétique : un prêt exceptionnel de dessins préparatoires du Musée de la danse de Stockholm, témoins d’une époque où l’avant-garde ne connaissait pas de frontières. Le clou du spectacle ? La spectaculaire reconstitution des costumes réalisée en 2000, qui redonne chair à cette synthèse des arts. 

Lors de l’inauguration, le 13 juin, les artistes grecs Venetsiana Kalampaliki et Stavros Ikbal interpréteront une performance dansée issue de la reconstitution du ballet originel, produite en 2000 par le Flux Laboratory (Genève), en collaboration avec les chorégraphes Millicent Hodson et Kenneth Archer, qui donneront une conférence consacrée à leur travail historique et artistique autour de cette recréation, le lendemain à 14h30.

13 juin > 12 oct 2026, Musée national Fernand Léger, Biot. Rens: musees-nationaux-alpesmaritimes.fr

photo : Musée national Fernand Léger © DR