23 Avr Biennale des Arts et de l’Océan, part. 2
En parallèle de la 3e conférence des Nations Unies pour l’Océan (UNOC), qui se déroulera du 9 au 13 Juin, la ville de Nice propose une nouvelle édition de sa Biennale des Arts et de l’Océan – La Mer autour de nous, exceptionnellement renommée pour l’occasion. Nous vous présentions, dans notre dernier numéro, les premières expositions débutées en avril ; découvrez à présent celles attendues en mai. Toutes forment un parcours d’art, conçu autour de la mer et de l’histoire de Nice, composé de 11 étapes dans les Musées de la ville, et hors les murs, en collaboration avec la Villa Arson et le 109.
Au temps du grand-maître Jean-Paul de Lascaris. Nice, Malte et la Méditerranée. Situé au cœur de la vieille ville, le Palais Lascaris est un monument remarquable, notamment grâce à son majestueux escalier orné de fresques et ses salons luxueusement décorés. Il constitue, avec la douzaine d’édifices religieux situés dans son proche voisinage, un ensemble exceptionnel qui décline toutes les phases successives de l’évolution de l’architecture baroque du début du XVIIe à la fin du XVIIIe siècle. L’exposition s’intéresse la famille Lascaris depuis le XIVe siècle. Une partie sera dédiée à Jean-Paul de Lascaris, à l’origine de l’édifice, qui fut Grand Maître de l’Ordre de Malte. Cet Ordre fera l’objet d’un focus, notamment au travers de ses dimensions maritimes et hospitalières mises en avant grâce à des prêts de tableaux et maquettes diverses. Tout Chevalier de Rhodes et de Malte recevait en effet une formation dont l’investissement nobiliaire faisait partie, raison pour laquelle ils étaient souvent officiers dans les Marines du duc de Savoie ou du roi de France. Certaines familles nobles du Comté, qui furent Chevaliers de Malte, seront présentées, tout comme les Grimaldi, famille princière de Monaco. L’occasion aussi de valoriser le Palais Lascaris et son histoire, par le biais d’outils de médiation et numériques.
6 mai au 3 sep, Palais Lascaris
Matisse Méditerranée(s). La Méditerranée a exercé sur Henri Matisse une fascination continue de sa première visite de la Corse en 1898, à sa fréquentation ininterrompue de Nice entre 1917 et 1954. Sans compter ses nombreux voyages à la découverte de l’Algérie, de l’Espagne, de l’Italie et, bien sûr, du Maroc. « Comme importance c’est la Méditerranée. Moi qui ne la connaissais pas, qui suis un homme du Nord, c’est la Méditerranée qui m’a le plus frappé« , avait confié le maître au critique d’art Pierre Couthion (extrait de Bavardages : les entretiens égarés). En effet, Matisse, qui cherche à exprimer sa perception personnelle du paysage, entretient un rapport conceptuel avec la mer, et la Méditerranée en particulier : une étendue d’espaces vécus, sensibles, rêvés ou fantasmés. L’exposition retrace, au travers d’œuvres variées, dont plusieurs peintures n’ont jamais été présentées à Nice, les attaches, les rituels, les idiomes liés à cette aire civilisationnelle et ce rapport intime que Matisse entretenait avec cette « machine à fabriquer de la civilisation« , dixit Paul Valéry. Un bassin méditerranéen baigné d’une lumière qui émerveilla Matisse et fut déterminant dans son processus créatif et sa production.
7 mai au 7 sep, Musée Matisse
Les reliques de l’écume. C’est un artiste contemporain, Jean-Philippe Racca Vammerisse, que le musée des Beaux-Arts Jules Chéret invite dans le cadre de cette biennale. Avec une iconographie largement puisée dans les mystères des fonds marins, cet artiste — représenté par la galerie Espace à vendre, et membre actif du Logoscope, laboratoire de recherche et de création basé à Beausoleil — déploie des séries de pièces en céramique empreintes d’une étrange beauté. Ces sculptures constituent de précieux et inquiétants biotopes, oscillant entre formes familières et créatures imaginaires. Se déclenche alors un récit singulier où passé historique et céramique contemporaine s’entrelacent. Cette étonnante association permet d’apporter un éclairage neuf sur les collections du musée, dès lors abordées sous des angles aussi insolites que facétieux. Et par la même occasion, le faste originel d’antan et l’éclectisme luxuriant de la villa Belle-Époque qui abrite l’établissement s’en trouvent sublimés.
3 mai au 28 sep, Musée des Beaux-Arts Jules Chéret
La Zone de Minuit. Coproduction du MAMAC Hors les murs, de La Station et du 109, cette exposition de Ugo Schiavi propose d’aborder des enjeux majeurs et pourtant méconnus des océans. L’artiste investit pour l’occasion la grande halle des anciens abattoirs de Nice avec une installation tentaculaire sur le monde des abysses, dont le titre fait référence à la zone bathypélagique, située entre 1 000 et 4 000 mètres de profondeur. C’est-à-dire là où la lumière du soleil ne pénètre plus. Mêlant vidéo, sons et sculptures créées à partir d’éléments recyclés, naturels ou industriels, cet environnement hybride, à l’univers rétrofuturiste, entre en résonance avec les enjeux écologiques et technologiques actuels. Et ainsi, convoque mythologies ancestrales et imaginaires contemporains des grands fonds, l’archéologie sous-marine et la fiction, la bioluminescence et la bioacoustique.
7 mai au 24 août, Le 109 – Pôle de cultures contemporaines
Becoming Ocean : a social conversation about the ocean. Présentée à la Villa Arson, cette grande exposition explore de façon chorale les principaux défis de l’Océan. Au cours des dernières décennies, les artistes se sont activement employés à faire comprendre le changement climatique au prisme de la Nature. L’art joue un rôle crucial en traduisant des phénomènes planétaires abstraits et complexes, de même que des changements systémiques mondiaux à grande échelle, en images narratives, en récits à la première personne et mises en perspectives autochtones, nous aidant alors à nommer et à assimiler ces défis. Pour cette exposition, 20 artistes internationaux, issus de la Collection TBA21 Thyssen-Bornemisza Art Contemporary et du programme d’artistes en résidence de la Fondation Tara Ocean, sont sortis de leurs ateliers et de leurs espaces de travail quotidiens, pour collaborer avec des experts, des décideurs politiques et des scientifiques. De la sorte, ils ont forgé un horizon commun où nous pouvons aspirer à une véritable rencontre avec la nature et ses intérêts. Issus de milieux et de contextes divers, ils ont conçu des exercices et des gestes qui répondent à la rupture causée par l’avidité coloniale et capitaliste, ouvrant la voie à la naissance d’une nouvelle histoire. Une histoire définie par des choix plus judicieux et une connexion plus profonde avec les dimensions mythiques de l’océan, dont les échos nous parviennent depuis des temps immémoriaux. Un récit à découvrir à travers des approches critiques et documentaires enrichi d’expressions plus sensorielles, poétiques ou spéculatives.
8 mai au 24 août, Villa Arson
INFOS PRATIQUES
Biennale des Arts et de l’Océan – La mer autour de nous, mai à oct 2025, lieux divers, Nice. Rens: anneedelamer.nice.fr
Conférence des Nations Unies sur l’Océan, 9 au 13 juin, lieux divers, Nice. Rens: unocnice2025.org
photo : Courtney Desiree Morris, Her Words do not Fall on the Ground (Ses paroles ne tombent pas par terre), 2023, Collection TBA21 Thyssen-Bornemisza Art Contemporary – Exposition Becoming Ocean à la Villa Arson © DR