Un peu d’air… et d’humanité !

Un peu d’air… et d’humanité !

Dans la vallée de la Roya, entre Alpes et Méditerranée, le Festival des Passeur·ses d’humanité revient du 15 au 19 juillet 2026 pour une 9e édition. Plus qu’un événement culturel, c’est une parenthèse collective, une utopie concrète qui traverse les villages de Breil-sur-Roya, Tende et Saorge, mêlant débats, spectacles et marches au cœur du territoire.

Né en 2018 dans un contexte de tensions autour de l’accueil des exilé·es, le festival s’est d’abord inscrit dans une vallée fracturée par les débats liés à la frontière. Au fil des années, notamment après la tempête Alex de 2020, il a contribué à transformer les lignes de conflit en espaces de dialogue. Organisé par l’association des Ami·es de la Roya, il se donne aujourd’hui pour mission de « faire passer de l’air » dans un territoire où enjeux politiques, sociaux et écologiques s’entremêlent. Le principe reste simple : parcourir la vallée en multipliant les haltes. Ateliers, performances, projections, discussions et installations s’invitent dans les villages, les fermes, au bord des rivières et dans les montagnes. La culture n’y est pas exposée mais vécue, déplacée et partagée, au rythme des rencontres et des chemins empruntés.

L’édition 2026, intitulée Nos biens communs, élargit encore le champ politique. Eau, terres, alimentation, savoirs, santé ou paysages sont abordés comme des ressources partagées et fragiles. Dans cette vallée frontalière, ces questions croisent directement celles des migrations et de la citoyenneté, dessinant un territoire où écologie et politique ne cessent de dialoguer. Le programme mêle conférences et créations. Chercheur·ses, militant·es et artistes explorent les droits de la nature, la sécurité sociale alimentaire ou les semences paysannes. Théâtre documentaire, danse, cinéma et radio participative complètent ces temps de réflexion. La frontière reste un fil rouge, abordée à travers des récits d’asile, des films sur les solidarités à Vintimille et des débats sur les politiques migratoires, mais aussi par des formes plus poétiques et festives.

Dans un contexte de crispation politique et de fragilisation culturelle, le festival défend l’éducation populaire comme outil de lien. Ni manifeste ni vitrine, il propose une autre idée du politique : celle de la circulation des idées, des corps et des récits, et d’un récit commun qui se construit dans le mouvement.

15 au 19 juil, lieux divers, Breil-sur-Roya, Tende & Saorge. Rens: passeursdhumanite.com

photo : Passeur·ses d’humanité 2024 © DR