La femme au cœur du prochain Festival de Danse de Cannes

La femme au cœur du prochain Festival de Danse de Cannes

Tel un point fixé sur l’horizon, la programmation de l’édition 2021 du Festival de Danse de Cannes, du 27 novembre au 12 décembre prochain, vient d’être annoncée par Brigitte Lefèvre, directrice artistique de l’événement.

Pour cette nouvelle édition, elle souhaite offrir une vision de « la danse dans presque toute sa diversité ». On y croisera ainsi de jeunes talents tout comme des noms emblématiques ; on y fera des découvertes tout comme on prendra plaisir à retrouver la danse telle qu’on l’aime. De La Sylphide interprétée par le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux au hip-hop mêlé de danses traditionnelles comoriennes de Salim Mzé Hamadi Moissi, de l’univers des Ballets Russes remis sur le devant de la scène par Dominique Brun au flamenco réinventé de Rocio Molina, la danse se joue de tous les styles et de toutes les époques. De plus, alors que Brigitte Lefèvre signe sa quatrième et dernière programmation, elle a souhaité mettre les femmes à l’honneur à travers la diversité créatrice qu’elles ont apportée à leur art.

Des femmes qui ont révolutionné leur art

Martha Graham est l’une des pionnières de la danse contemporaine. Disparue il y a trente ans, son héritage chorégraphique est immense et perpétué par le biais de la Martha Graham Dance Company actuellement dirigée par Janet Eilber. La compagnie fera l’ouverture du festival avec quatre pièces dont le célèbre Steps in the street, extrait de Chronicle créé en 1936, qui est considéré comme une réponse par la danse à la menace du fascisme.

Autre figure mythique de la danse moderne, inclassable et singulière, Isadora Duncan, qui connut une fin tragique à Nice, a inspiré Jérôme Bel. Celui qui est surnommé le pape de la non-danse est parti à la redécouverte du travail d’Isadora Duncan pour faire revivre sa danse libre au travers de cinq de ses chorégraphies les plus marquantes.

De son côté, Régine Chopinot est l’une des principales personnalités de la nouvelle danse française qui a émergé dans les années 1970. Toujours en quête d’exploration du mouvement, c’est la vie d’Alexandra David-Neel qui a inspiré la chorégraphe pour son A D-N Quatuor.

La clôture du festival a été confiée à Carolyn Carlson, danseuse à la physionomie et au parcours uniques. Crossroads to Synchronicity sera précédé d’un Prologue chorégraphié et interprété par l’artiste qui sera accompagnée du saxophoniste Guillaume Perret.

Des créations qui éveillent la curiosité

Le Festival de danse ouvre aussi la voie aux créations par le biais de plusieurs coproductions qui permettent de faire de belles découvertes comme celle que l’on attend de Kaori Ito qualifiée par Brigitte Lefèvre de surdouée de la danse. On a pu apprécier sa qualité d’interprète pour Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj ou Alain Platel. Avec Le monde à l’envers, elle élabore sa première création à destination du jeune public en s’inspirant amplement de son expérience de jeune maman.

Pierre Pontvianne présentera Kernel, une pièce pour deux danseurs que l’on peut imaginer tout en délicatesse, poésie et épure. Édouard Hue qui a remporté le prix Suisse de Danse 2019 au titre de « Danseur Exceptionnel » s’est lancé dans la création d’une pièce pour neuf danseurs, inspirée du jeu de Go.

Cette édition marque aussi le retour de Système Castafiore qui se plaît à imaginer des mondes insolites dans lesquels on se laisse emporter sans aucune résistance. Kantus 4-Xtinct Species mêlera cinq danseurs et quatre chanteurs pour faire résonner un cantique des espèces disparues dans un avenir à réinventer. Enfin, la compagnie antiboise Eugénie Andrin apportera le souffle de sa jeunesse avec Breathe, Breathe !

Avec ses 28 représentations réparties sur plusieurs villes des Alpes-Maritimes et du Var, la danse va rayonner et rassembler tous les publics du 27 novembre au 12 décembre.

(photo Une : Marzia Memoli, Steps in the Street, Martha Graham Dance Company © Hibbard Nash Photography)

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