La vérité sur l’affaire Joël Dicker

La vérité sur l’affaire Joël Dicker

Joël Dicker sera le Président d’honneur de la Fête du Livre du Var 2020 ! Je vais finir par croire que le Département du Var est venu espionner ma propre bibliothèque…

Pour succéder à Maxime Chattam en 2019, c’est donc un autre de mes auteurs francophone favoris qui est invité à présider la 23e édition de ce rendez-vous automnal que les férus de littérature ne manqueront pas de marquer sur leur calendrier. L’an passé, j’évoquais le mot “oser” lorsque le Département dévoilait le nom de Maxime Chattam, car sans doute peu de festivals généralistes avaient osé choisir pour président un écrivain de romans noirs, polars ou thrillers, autant de styles appartenant à un genre littéraire souvent mésestimé, caricaturé, voire moqué, par un certain establishment de la littérature française… Eh bien, même si vous ne trouverez pas les oeuvres de Joël Dicker au rayon policier-thriller de votre librairie, mais en littérature généraliste, ce sont pourtant bien des romans à suspense que rédige depuis près de 10 ans le jeune auteur suisse, âgé de 34 ans. Cette nomination est donc un nouveau pied de nez qu’adresse là le Département du Var à une partie de la critique — “celle pour laquelle la prose de Dicker n’est qu’une longue averse de clichés et de poncifs émaillée de dialogues indigents“, écrivait Le Monde dans un article intitulé Le Malentendu Dicker en mai dernier ! Car qu’on aime ou non l’auteur, son style, ses romans, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, son second et plus gros succès, a figuré en 2012 sur les listes des prix Femina, Interallié et Goncourt (se hissant pour ce dernier jusqu’au carré final), a reçu la même année le Prix Goncourt des Lycéens, le Grand Prix de l’Académie française, le titre de Meilleur roman français de l’année par le magazine Lire, et a un temps figuré parmi les 101 romans préférés des lecteurs du Monde. Plutôt pas mal pour un écrivain, ah non, pardon, pour un vulgaire auteur de ce que quelques fâcheux appellent l’easy reading !

À ce jour, Joël Dicker a signé 5 romans, traduits dans plus de 40 langues, vendus à plus de 10 millions d’exemplaires : l’excellent Les derniers jours de nos pères, narrant l’histoire méconnue du SOE (Special Operation Executive) créé par Churchill durant la 2nd Guerre Mondiale, les non moins excellents La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, Le Livre des Baltimore et La Disparition de Stephanie Mailer, dont les intrigues se déroulaient aux USA, et L’énigme de la chambre 622, dans lequel l’auteur nous embarque pour la première fois au coeur de sa ville natale, Genève, sur fond de triangle amoureux, jeux de pouvoir, coups bas, trahisons et jalousies…

Sa présidence de la Fête du livre du Var sera sa seule apparition publique en 2020, et une grande première pour lui au “poste” de Président ! À ses côtés, sous le chapiteau installé sur la Place d’Armes de Toulon du 20 au 22 novembre, plus de 150 auteurs qui auront marqué l’année 2020, parmi lesquels Serge Joncour, Irène Frain, Adrien Absolu, Katerina Autet, Hadrien Bels, Jean-Baptiste Maudet, Maud Simonnot, Joëlle Zask, Louise Mey, Romain Sardou, Daniel Picouly… ainsi que les auteurs en lice pour les différents Prix des Lecteurs du Var (littérature, BD, jeunesse), décernés en ouverture du festival. Et nous retrouverons bien entendu les “marqueurs” de ce rendez-vous annuel : grands entretiens, débats d’actualité, tables rondes littéraires, lectures immersives, ateliers…

20 au 22 nov, Places d’Armes, Toulon. Rens: facebook.com/fetedulivreduvar

(photo : © Jeremy Spierer)

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