[Spécial Femmes] Louise Michel, Viro Major

[Spécial Femmes] Louise Michel, Viro Major

Faire le portrait de cette femme incroyable pour ce 8 mars 2021 recèle un double hommage : aux femmes bien sûr, pour la journée dédiée à leurs droits, mais aussi au 150e anniversaire de la Commune de Paris, dont elle fut une ardente actrice de cette histoire trop méconnue.

Parler de Louise Michel, c’est évidemment évoquer la Commune, l’engagement social et politique d’une femme au courage reconnu même par ses détracteurs. Féministe, membre de l’Internationale, anarchiste… Un peu de tout cela, mais pas seulement. Car si chacun a voulu récupérer l’image de celle que l’on appelait parfois la Vierge Rouge, si certains courants idéologiques voudraient se reconnaître de son héritage, Louise Michel était avant tout une femme de conviction qui ne se pliait qu’aux règles du cœur qui l’avaient forgée.

Avant La Commune

C’est le 29 mai 1830 que naquit Louise Michel dans le Château de Vroncourt, dans le Grand Est, à une centaine de kilomètres de Nancy. Sa mère était une domestique au service d’une petite noblesse : les Demahis. Les biographes hésitent pour son père : le patriarche Charles-Etienne ou son fils Laurent. La seconde solution apparaît de plus en plus privilégiée. En tout cas, dans cette famille aux idéaux républicains, elle put bénéficier d’une éducation qu’une personne de sa condition n’aurait jamais pu espérer. Très tôt, son esprit de partage marque ses proches, distribuant le peu qu’elle possède pour soulager les souffrances humaines. Elle comprend très vite que l’éducation est un pilier indispensable à l’élévation sociale de la condition humaine en adoptant le principe simple et évident développé par Victor Hugo : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ».

À la mort de ses « grands-parents » protecteurs, elle reprend le nom de sa mère, Michel, et décide de devenir institutrice pour mettre en pratique ses idées, mais aussi pour subvenir aux besoins de sa mère. Elle obtient un diplôme lui permettant de devenir institutrice et commence à exercer dans divers établissements qu’elle crée en Haute-Marne. Des écoles libres, puisqu’à partir du coup d’État de Napoléon III (ou Badinguet, pour les intimes), elle refuse de prêter serment à l’Empereur, s’excluant de ce fait du circuit « officiel » de l’enseignement.

Son arrivée à Paris vers 1855 intensifie un peu plus son engagement pour l’enseignement et le militantisme social. Elle développe son féminisme aux côtés d’André Léo et Maria Deraismes et affine ses idéaux politiques lors de réunions où elle côtoie Eugène Varlin, Jules Favre, Eugène Pelletan, Jules Valles, Raoul Rigault, Émile Eudes ou Théophile Ferré. Elle commence à écrire ses premiers poèmes sous le nom d’Enjolras, personnage du roman Les Misérables de Victor Hugo. Elle entretiendra d’ailleurs avec ce dernier un échange épistolaire durant de longues années. La fréquentation des clubs et réunions politiques où s’échangent les idées républicaines et sociales conforte son engagement ; en 1869 elle devient secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières à vivre par le travail

Le 12 janvier 1870, habillée en homme et armée d’un poignard, elle fait partie des centaines de milliers de Parisiens qui suivent l’enterrement du journaliste Victor Noir, odieusement assassiné par Pierre-Napoléon Bonaparte, parent de l’Empereur. Un événement qui préfigure un peu plus la chute de ce Second Empire honni par la population, confirmant l’exaspération d’un régime qui multiplie les atteintes à la population française. Une exaspération qui se prolonge tout au long de cette année. La guerre déclenchée par l’Empereur contre la Prusse est une catastrophe (« La guerre, c’est le moyen détourné des gouvernants pour étouffer les libertés publiques »). Malgré les déclarations du Ministre de la Guerre, Edmond Le Bœuf, qui affirmait que l’armée était prête et « qu’il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats », la campagne est une hécatombe. L’armée manque de tout : alimentations, armements, équipements, matériels médicaux. Si on rajoute à tout cela une armée fatiguée et démoralisée par des campagnes militaires successives, des décisions stratégiques lamentables, et une communication officielle qui annonce des victoires alors que les défaites honteuses se succèdent, la messe est dite : défaite de Sedan, chute de l’Empire.

Pour Louise Michel et les républicains, l’espoir prend forme. Mais la réalité est toute autre, l’esprit de capitulation passe mal, et la présence des généraux incompétents et responsables de cette débâcle dans les cercles du nouveau pouvoir, encore moins. Et que dire de la dette de 5 milliards qui se profile dans un pays déjà ruiné et un Paris affamé par des mois de blocus.

Dans cette fin d’année 1870, Louise Michel est partout, c’est à se demander quand elle se repose. Le jour, elle dirige une école ou elle organise une cantine pour ses élèves. La nuit, on la retrouve à la tête du Comité de Vigilance Citoyenne du 18e arrondissement ou au club de la Patrie en Danger. Le 22 janvier 1871, on la trouve en habit de Garde National, encore en première ligne de la foule qui se presse devant l’Hôtel de Ville pour protester contre l’inaction de l’armée française et de cette capitulation dont les Parisiens ne veulent pas entendre parler après des mois de privations. Sans sommation, les mobiles bretons parqués à l’intérieur ouvrent le feu sur la masse populaire composée aussi de femmes et d’enfants. La foule se disperse, Louise Michel, qui prête assistance aux blessés, se tient droite, poing dressé en signe de malédiction contre cette agression.

La Commune

La littérature abonde de très bons ouvrages sur cette partie de notre histoire trop souvent délaissée. À mes yeux, elle est aussi importante, si ce n’est plus, que la révolution de 1789. Les idéaux et combats qui s’y déroulent se rapprochent beaucoup plus de nos problèmes et aspirations actuelles. La déclaration officielle de la Commune de Paris date du 28 mars 1871, mais c’est bien le 18 mars qui marque son début. L’événement de la prise des canons de Montmartre marqua la bascule dans la réaction parisienne. Deux jours auparavant, le gouvernement français déménage à Versailles (tout un symbole) et veut absolument désarmer Paris, histoire qu’aucune résistance ne soit faite à l’armée de Bismarck qui attend à l’est et au nord de Paris. L’affront est double pour les Parisiens qui ne veulent pas capituler devant l’armée prussienne, forts de leurs nombreux gardes nationaux et de ses fameux canons, en partie payés par une souscription citoyenne. Et le général qui dirige l’opération n’est pas un inconnu pour les Parisiens qui reconnaissent Claude Lecomte, celui qui avait déjà fait tirer sur la foule durant les événements de juin 1848. Il va d’ailleurs confirmer sa cruauté : sans sommation, le fédéré Turpin est abattu…

Louise Michel lui prodigue les premiers soins. Malgré son insistance et celle du Maire du 18e et médecin, Georges Clemenceau, pour porter le blessé à l’hôpital, Lecomte préfère le laisser agoniser sur place, provoquant la colère des Parisiennes et Parisiens venus protester contre l’enlèvement des canons. Louise Michel rameute Paris, surpris au matin par cette action. Elle dévale les rues de Montmartre au cri de « Trahison ! ». La foule se fait nombreuse et pressante. Le général donne l’ordre de tirer dans le tas, mais, sympathisant avec le peuple, son armée met la crosse des fusils en l’air, symbolisant leur refus. Lecomte sera arrêté et fusillé, malgré l’insistance de Clemenceau à ne pas tomber dans ses travers. L’histoire était en marche, et l’engagement de Louise Michel dans cette histoire fut total.

Ambulancière, garde au 61e bataillon et toujours enseignante dans ses classes qui ne comptaient pas moins de 150 enfants de tous âges, elle se battit sur de nombreuses barricades, allant là où sa carabine Remington pouvait servir, préférant ce rôle à celui de cantinière, un rôle beaucoup trop limité et misogyne pour une femme d’une telle force de caractère. Elle tentera même, habillée en bourgeoise, d’aller assassiner l’ignoble gnome Thiers à Versailles.

Durant toute cette période où l’on pourrait longuement débattre de certaines décisions prises par les communards, Louise Michel partage son temps entre « le coup de feu » sur les barricades, les réunions publiques et l’enseignement. Elle y prodigue des leçons de littérature, musique et dessin, car l’art a toujours eu une grande importance pour elle. Malgré la propagande versaillaise qui annonçait à la France que la Commune détruisait les arts et les sciences de la Capitale, Louise Michel nous rappelle que dès le mois d’avril des commissions fédérales d’artistes étaient créées et que « les musées étaient ouverts au public, comme le jardin des Tuileries aux enfants. À l’Académie des sciences, les savants discutaient en paix, sans s’occuper de la commune qui ne pesait pas sur eux ». Elle raconte même cette petite anecdote dans ses mémoires. La nuit, alors que les bombardements versaillais faisaient rage (« ces traitres qui restèrent des mois sans tirer sur les Prussiens et qui ne restent pas une heure sans nous mitrailler »), alors qu’elle devait se reposer, elle trouva un orgue dans une église protestante abandonnée et y passa quelques minutes à s’amuser. Un capitaine furieux lui demanda d’arrêter sur-le-champ. « Ainsi finit mon essai d’harmonie imitative de la danse des bombes », raconte-t-elle.

Dans tous les témoignages que Louise Michel nous a laissés, on note aussi sa faculté à ne pas se montrer unique. Elle indique que beaucoup d’autres femmes participèrent à ces événements. Des femmes qui furent tout aussi courageuses et volontaires : Maria La Cécilia, Marie Ferré, Nathalie Lemel, Aline Jacquier, Béatrix Ecoffon, Elisabeth Dmitrieff, Adèle Gauvin, André Léo, Paule Mink, Papavoine, Augustine Chiffon, Élisabeth Rétif, Victoriene Brocher… La fin de la commune se raconte malheureusement dans le sang. La bien nommée semaine sanglante restera une tache rouge dans l’histoire de France, marquée par la honte d’une répression sans limites. Après les derniers coups de fusil donnés sur la barricade de Clignancourt, Louise Michel se cache pour éviter le carnage. Elle retourne chez elle pour voir sa mère ; et apprenant qu’elle vient d’être arrêtée pour être fusillée, elle marche directement vers le lieu où elle est emprisonnée pour prendre sa place.

Après La Commune

Au vu des massacres sans distinction de la semaine sanglante, des exécutions sommaires dans les bastions, au champ de Satory et à Versailles, et du traitement des prisonniers, cela paraît miraculeux que Louise Michel ait pu arriver en vie à son procès. Pourtant, c’est bien à 11h30, le 16 décembre 1871, que s’ouvre celui-ci devant le 6e conseil de guerre de Versailles. Un journaliste présent, et pas franchement partisan de La Commune, la décrit ainsi : « Ce qu’elle a de plus remarquable, ce sont ses grands yeux d’une fixité presque fascinatrice. Elle regarde les juges avec calme et assurance, en tout cas avec une impassibilité qui déjoue et désappointe l’esprit d’observation, cherchant à scruter les sentiments du cœur humain » (Journal Le Voleur, n° 756). Alors que beaucoup de communards chercheront à minimiser leur implication pour éviter le peloton d’exécution ou la déportation, l’échange entre Louise Michel et le juge est encore une fois un exemple de courage et d’affirmation de ses convictions. Petits morceaux choisis…

Le Juge : Qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
Louise : Je ne veux pas me défendre. J’appartiens toute entière à la révolution sociale, et je déclare accepter la responsabilité de mes actes.
Le Juge : Vous avez demandé la suppression de la magistrature ?
Louise : C’est que j’avais toujours devant les yeux les exemples de ses erreurs.
Le Juge : Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Louise : Puisqu’il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n’a droit qu’à un peu de plomb, j’en réclame une part. Si vous me laissez vivre, je ne cesserai de crier vengeance et je dénoncerai à la vengeance de mes frères les assassins de la commission des grâces. Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi !

La condamnation dans une enceinte fortifiée était inévitable. Après 23 mois de prison à Auberive, elle embarque sur le navire Le Virginie pour un voyage de 4 mois vers la Nouvelle-Calédonie. Un trajet qu’elle fait notamment en compagnie de Henri Rochefort. Ce dernier sera l’un des rares à s’évader de l’île-prison. Son évasion sera immortalisée par deux toiles signées d’Édouard Manet.

Numéro de bagne 2182, Louise Michel refusera un traitement de faveur dû aux femmes et purgera sa peine sur la presqu’île de Ducos. Malgré la dureté du régime disciplinaire de la Nouvelle-Calédonie, elle ne perd pas ses idéaux. Elle se lie d’amitié avec les Canaques et leur reconnaît le droit à se révolter contre l’oppresseur français. Elle sera l’une des seules, contrairement à ses amis communards devenus colonialistes par intérêt, à ne pas participer à la répression orchestrée pour tuer dans l’œuf toute idée d’indépendance.

En 1879, elle obtient le droit d’enseigner le dessin et la musique dans une école de filles de Nouméa. L’amnistie votée en 1880 lui permet de retrouver Paris où elle débarque le 9 novembre à la gare de St Lazare, accueillie par une foule chaleureuse. Nullement fatiguée ou brisée par ses années de déportation, elle troque le drapeau rouge pour le drapeau noir, préférant le deuil des soldats au rouge du sang versé. En 1881, elle sera invitée à témoigner à la Chambre des Députés dans le cadre d’une commission d’enquête sur la dureté du régime disciplinaire de Nouvelle-Calédonie. Une invitation à laquelle elle répondra poliment par une fin de non-recevoir : pourquoi témoigner sur la cruauté et la bêtise quand le gouvernement comprend Barthelemy de Saint-Hilaire, que Paris est sous l’épée de Gaston De Gallifet et que Maxime Du Camp est à l’Académie ?

Louise Michel ne transige pas avec l’humanité. Elle va multiplier les conférences à travers la France et l’Europe, échappant miraculeusement à un attentat au Havre, qui lui laissera une balle dans son temporal gauche jusqu’à sa mort. Sans rancune pour son agresseur, elle ne porte pas plainte. Malgré tout, se tient un procès pour lequel elle demande à son avocat de le défendre, prétextant l’irresponsabilité du dénommé Pierre Lucas qui « relève plutôt de la médecine que de la justice ». Par contre, elle-même n’évite pas de multiples autres condamnations en 82, 83, 86, 90 pour ses participations à des grèves où elle soutient des sans-emploi ou pour avoir dévalisé des boulangeries afin de donner du pain à ceux qui ont faim.

C’est à Marseille le 9 janvier 1905 que Louise Michel s’éteint, lors d’une ultime tournée de conférences. Ses funérailles, le 22 janvier à Paris, donnent lieu à un cortège entre la Gare de Lyon et le cimetière de Levallois, suivi par des milliers de personnes venues rendre un dernier hommage à celle qui aura consacré sa vie entière, et avec le plus grand des courages, à une certaine vision du monde : la justice, la défense des faibles et l’éducation.

Comment ne pas être admiratif devant le destin de cette femme aux idées humanistes si avancées et aux convictions qui ne connurent aucune limite. Louise Michel prônait une réelle égalité entre hommes et femmes, voyant peut-être autant de défauts chez les uns que chez les autres. Elle disait : « Nous ne valons pas mieux que les hommes, mais le pouvoir ne nous a pas encore corrompu », ou : « Les femmes ne se demandaient pas si une chose était possible, mais si elle était utile, alors on réussissait à l’accomplir ». En 2013, on imaginait pour une certaine « parité » que des femmes intègrent le Panthéon afin que la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » puisse évoluer. Une idée qui tombe sous le sens. Sans se creuser la tête, je pense à beaucoup de femmes qui auraient largement leur place au Panthéon. La question est de savoir ce qu’en penserait Louise Michel. Être couverte d’une forme de privilège dans sa mort et être placée au-dessus des autres citoyennes et citoyens ne me paraît pas être en parfaite adéquation avec ses idéaux. Par contre, près de 500 établissements scolaires portent le nom de Louise Michel ; voilà peut-être le plus grand hommage que l’on peut rendre à cette Dame qui est déjà Grande au regard de l’histoire.

Viro Major (plus grande qu’un homme)

Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,
Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain,
Le lit de sangle avec la table de sapin,
Ta bonté, ta fierté de femme populaire,
L’âpre attendrissement qui dort sous ta colère,
Ton long regard de haine à tous les inhumains,
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;
Ceux-là, femme, devant ta majesté farouche,
Méditaient, malgré l’amer pli de ta bouche,
Malgré le maudisseur qui, s’acharnant sur toi,
Te jetait tous les cris indignés de la loi,
Malgré la voix fatale et haute qui t’accuse,
Voyaient resplendir l’ange à travers la Méduse.

Victor Hugo, décembre 1871, écrit vraisemblablement au lendemain de la condamnation de Louise Michel

Bibliographie :
www.commune1871.org
Souvenirs d’une morte vivante, Victorine Brocher, Libertalia
La Commune de Paris 1871, Michel Cordillot, Editions de l’Atelier
Communes(s) 1870-1871, Quentin Deluermoz, UH Seuil
La proclamation de la Commune, Henri Lefebvre, Editions La Fabrique
La Commune histoire et souvenirs, Louise Michel, La Découverte
La Commune et les communards, Jacques Rougerie, Folio Histoire
La Commune de Paris, William Serman, Fayard
Paris, bivouacs des révolutions, La Commune de 1871, Robert Tombs, Libertalia
Mes cahiers rouges, Maxime Vuillaume, La Découvert

Ce texte fait partie d’un dossier Spécial Femmes qui va paraître tout au long du mois de mars. Bien entendu, La Strada n’a pas attendu pas le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, pour parler de la cause féministe, car nous veillons toute l’année à leur donner la parole, ainsi qu’aux défenseur.e.s de leurs droits ! Retrouverez ci-dessous les autres textes de ce dossier :
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